Trafic de drogue : Quatre policiers "justiciers" devant la justice pour "extrême" violence

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France-Soir, avec AFP
Publié le 02 juin 2023 - 18:10
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Forces de l'ordre place de l'Opéra / police
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F. Froger / Z9, pour FranceSoir
F. Froger / Z9, pour FranceSoir

DÉPÊCHE — Ils ont employé la manière forte pour "nettoyer les cités" du trafic de drogue, mais risquent désormais de se retrouver eux-mêmes derrière les barreaux. Le parquet a requis ce jour jusqu'à six mois de prison ferme contre quatre policiers de région parisienne pour des violences commises sur des jeunes de banlieues.

Âges de 30 à 48 ans, ces policiers comparaissent depuis mercredi au tribunal de Bobigny pour des faits de violences et faux procès-verbaux en 2019-2020, au préjudice d'habitants de cités connues pour héberger du trafic de drogues.

"Nettoyer les cités où il y a du trafic de stupéfiants, c'est effectivement une tâche honorable, mais uniquement dans le respect de la loi", a rappelé le procureur Loïc Pageot en préambule de son réquisitoire.

Avec sa politique d'arrestations fondée sur "l'intimidation", "la violence gratuite" et "le harcèlement" au contrôle d'identité, cette brigade donne "l'impression d'une équipe qui se sent pousser des ailes, se voit une vocation de justiciers", a pourfendu le représentant de l'accusation.

Raphaël, accusé de nombreux faits de violences d'"une extrême gravité", écope de dix-huit mois de prison, dont douze avec sursis, ainsi que cinq ans d'interdiction professionnelle. Le prévenu de 31 ans, reconverti dans l'informatique, est notamment soupçonné d'avoir frappé un gardien d'immeuble.

Le chef de la brigade, Christian, surnommé "Le Dictateur" par les jeunes, a vu un an de prison avec sursis et cinq ans d'interdiction d'exercer requis contre lui. Il aurait gratuitement fracassé la main d'un jeune dealer à la matraque dans une pièce du commissariat de Pantin.

Quant à Yazid et Julien, dit "L'Électricien" pour sa propension à utiliser le pistolet à impulsion électrique, six mois de prison avec sursis et un an d'interdiction ont été demandés.

Le début de l'affaire remonte à 2020, après que des plaintes relatives aux "comportements déviants" de cette brigade ont été déposées. Le jugement final sera rendu le 14 septembre.

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