Un dernier rapport de l’Inserm confirme le lien inquiétant entre pesticides et maladies graves

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FranceSoir
Publié le 02 juillet 2021 - 20:26
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© DENIS CHARLET / AFP/Archives
Les personnes faisant un usage domestique, ou des enfants des personnes en contact avec les pesticides seraient aussi des victimes potentielles de ces substances toxiques.
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Un dernier rapport d’un groupe d’experts réuni par l’Inserm confirme une “forte présomption” de lien entre les personnes exposées par leur profession aux pesticides (dans le cadre de leur travail, les agriculteurs par exemple) et des maladies comme les lymphomes non hodgkiniens (LNH), le myélome multiple, le cancer de la prostate et la maladie de Parkinson. Il met aussi en évidence une présomption forte de lien entre l’exposition professionnelle aux pesticides et deux autres pathologies : les troubles cognitifs et la bronchopneumopathie chronique obstructive/bronchite chronique. Plus grave encore, ce ne sont pas seulement les personnes en contact avec les substances toxiques par leur travail qui seraient concernés par des maladies : les personnes en faisant un usage domestique, ou des enfants des personnes en contact avec les pesticides seraient aussi des victimes potentielles de ces substances toxiques.

Une expertise collective pour dresser un bilan des connaissances sur les liens entre exposition aux pesticides et santé humaine

En analysant la littérature scientifique internationale récente, le groupe de scientifiques multidisciplinaire s'est concentré sur l’analyse de deux familles de pesticides : le chlordécone, le glyphosate et les fongicides inhibiteurs de la succinate déshydrogénase (SDHi). Plus de 5 300 documents ont été revus pour conclure à une présomption d’un lien pesticides-santé. Cette présomption de lien peut être notée comme forte (++), moyenne (+) ou faible (±). Les types et sous-types de pathologies (par exemple, différents types de leucémies) en lien avec les personnes exposées ont été aussi pris en compte. Un père en contact avec des pesticides pourrait aussi avoir un effet néfaste sur la santé de son enfant, même pendant la grossesse ou avant la conception. Selon le rapport, certaines périodes de la vie comme la grossesse et la petite enfance sont d’une plus grande vulnérabilité face à la présence d’un événement ou agent toxique. Le rapport révèle également un possible lien entre l’exposition du père aux agents toxiques et des effets sur l’enfant. Alors que les leucémies aiguës ont une forte présomption de lien avec les usages domestiques et professionnels des pesticides, le rapport signale un nouveau lien (de présomption moyenne) entre le risque de leucémie aiguë lymphoblastique en cas d’exposition professionnelle paternelle en période préconceptionnelle. C’est aussi le cas pour la présence de tumeurs du système nerveux central qui ont un lien de présomption forte pour l’exposition professionnelle des deux parents (sans distinction) aux pesticides, mais dans ce cas, pendant la période prénatale. D’autre part, les résultats récents conduisent à une présomption forte d’un lien entre les tumeurs du système nerveux central chez les enfants et une exposition domestique aux pesticides pendant la grossesse ou pendant l’enfance. Le rapport confirme également l’existence d’un lien avec un niveau de présomption fort, pour certaines familles de pesticides, comme les organophosphorés et pyréthrinoïdes pendant la grossesse et l’augmentation des troubles du comportement, comme par exemple l'anxiété.

Une meilleure prise en compte de ces enjeux par les autorités est demandée

Selon le rapport, une meilleure prise en compte de ces enjeux par les autorités est nécessaire, car l’herbicide glyphosate est toujours autorisé en France, malgré les promesses d’interdiction d’Emmanuel Macron. Pourtant, une présomption moyenne de lien avec les lymphomes non hodgkiniens est confirmée. Pour l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) association professionnelle d’entreprises qui mettent sur le marché des pesticides, l’écosystème des produits phytopharmaceutiques est déjà très strict depuis 2013. L’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur sont, selon l’UIPP, déjà mobilisés pour réduire au maximum les risques liés à l’exposition aux produits phytopharmaceutiques, “qui sont des produits actifs nécessitant des précautions d’usage”.

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