Retour sur les allégations de crimes de guerre russes en Ukraine: les viols massifs imputés à l’armée russe (5/6)

Auteur(s)
Jean Neige, pour FranceSoir
Publié le 20 septembre 2022 - 19:05
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Deux femmes marchant dans la campagne ukrainienne près du village de Kupiansk
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Juan Barreto / AFP
Deux femmes marchant dans la campagne, près du village de Kupiansk en Ukraine
Juan Barreto / AFP

CHRONIQUE — Depuis la nuit des temps, les viols sont malheureusement une réalité dans la plupart, si ce n’est la totalité des conflits armés. Quand certains hommes sans compassion pour autrui ont une arme entre les mains, et un sentiment d’impunité, ils laissent libre cours à leurs plus bas instincts. Statistiquement, il est quasiment fatal que dans un conflit armé à grande échelle, des viols soient commis ici ou là par des soldats. En 1944, les Américains, parangons de la morale, n'ont pas échappé à la règle, notamment pendant la campagne de libération de la France. Mais, il appartient évidemment à la hiérarchie militaire de faire tout le nécessaire pour dissuader de tels débordements et punir sévèrement ceux qui s’en rendraient coupables.

Dans cette guerre en Ukraine, les soldats russes ont été accusés d’utiliser le viol comme tactique de terreur, de manière systématique. Autrement dit, les viols ne seraient pas accidentels, ni même tolérés, mais voulus et organisés. Pourquoi donc les Russes, qui ont d’entrée, annoncé qu’ils ne visaient pas la population civile, auraient-ils décidé de terroriser par une campagne de viols cette même population civile, ces gens dont ils veulent faire par endroits des citoyens russes ? Quelle utilité militaire, politique cela pourrait-il avoir ? Ne seraient-ils pas conscients qu’une telle attitude devrait les rendre infréquentables par la terre entière ?  À l’inverse, les Ukrainiens envahis n’auraient-ils pas intérêt à faire croire à ces accusations, afin d’émouvoir l’Occident et obtenir leur aide ? Comme toujours, à qui profite le crime ? Cui Bono ?

Une série d’accusations

Un militant antirusse basé à Berlin, Sergej Sumlenny, a fait le 31 mars sur Twitter un recensement des accusations de viol contre les forces russes. Sur 6 cas qu’il met en avant, 4 sont parus dans la presse le même jour, le 30 mars. Cette concordance des dates pourrait-elle être le signe d’une campagne coordonnée ? Les titres des journaux sont plus sordides les uns que les autres.

« Ce que l'on sait du viol de femmes ukrainiennes par les occupants russes », 17 mars, RadioSvovoda

« Les occupants ont violé une jeune fille de 18 ans pendant huit jours », 25 mars, glavcom.ua

« Des soldats russes m'ont violée pendant que mon fils terrifié pleurait », 30 mars, censor.net

« Une femme ukrainienne qui a été violée par les envahisseurs russes a parlé pour la première fois de l'horreur qu'elle a vécue », 30 mars, unian.ua

« À Marioupol, les occupants ont violé une femme pendant plusieurs jours devant son fils de six ans », 30 mars, nv.ua

« Ils violent des enfants ukrainiens et mangent des chiens », 30 mars, tsn.ua,

Le premier article est publié, par Radio Svodoba, la branche ukrainienne de Radio Liberty, une chaine de radio américaine de propagande présente dans quasiment tous les pays entourant la Russie. Cet article annonce que les premières accusations de viol que les médias internationaux ont relayé le 4 mars venaient de Dmytri Kuleba, le ministre ukrainien des Affaires étrangères. Cependant, le média précise qu’aucune preuve étayant ces allégations n’a été fournie. L’article cite ensuite de multiples allégations, mais là encore, aucune d’entre elles n’a pu être étayée par des faits. Il n’y a pas un seul nom de victimes qui ait été donné. Une rumeur sur 11 femmes violées à Kherson a été démentie par l’hôpital encore sous contrôle ukrainien. Amnesty International avoua n’avoir connaissance d’aucun cas avéré de viol commis pas l’armée russe.

Sergej Sumlenny considère que les accusations lancées par une certaine Daria Kaleniouk sont fiables, car elle serait respectée. Sur son compte Twitter, on voit que cette dernière est une fervente militante de la cause ukrainienne, relayant toutes les accusations possibles et imaginables contre les Russes. Sur Wikipédia, on apprend que les études de Kaleniouk ont été payées par les États-Unis, et qu’elle est une Young Global Leader de Davos. Cela fait-il d’elle une personne digne de confiance ? Les gens pourront juger en fonction de leurs connaissances sur le mouvement des Young Global Leaders, autrement appelés les bébés Schwab, qu’on retrouve infiltrés dans toutes les sphères du pouvoir en Occident.

Toujours dans le même article, un conseiller du ministre de l’Intérieur, Anton Gerachenko, a attesté avoir des preuves de viol par les soldats russes.  Il annonce des dizaines, voire des centaines de cas. Quand on lance des chiffres aussi peu précis, d’un ordre de grandeur de 10 à 100, n’est-on pas en train d’inventer, ou a minima d’extrapoler ? En guise de preuve, il évoque des enregistrements de conversation téléphonique, et cite un cas, dont le récit va faire le titre de l’article, bien que les auteurs de l’article précisent qu’ils n’ont aucun moyen de vérifier l’authenticité de cette interception. Où est l’éthique journalistique quand on met en titre des éléments dont on avoue ensuite ne pas savoir la véracité ? Je me suis rendu compte de ce procédé de manipulations des masses à l’époque du siège d’Alep, pendant la guerre en Syrie. Quand on sait que la plupart des gens ne liront que le titre, on sait que cette technique est efficace pour répandre des fausses nouvelles. Et, cela va toujours dans le même sens, la diabolisation de l’ennemi de l’Occident. Les plus grands journaux anglo-saxons sont coutumiers du fait.

Pour justifier pourquoi il ne peut citer plus ce cas, Gerachenko explique que si les victimes ukrainiennes n’appellent plus leurs autorités, c’est parce que les Russes ont coupé les communications mobiles… Dans ce cas, comment les soldats russes peuvent-ils eux-mêmes passer des coups de téléphone pour se vanter de leurs méfaits ? Et, n'est-ce pas bizarre, après avoir commis un crime répréhensible, d’appeler ses amis pour s’en vanter ? Qui plus est, s’ils utilisaient des téléphones russes, cela devrait leur coûter cher d’appeler à partir de l’Ukraine. De plus, d’après Scott Ritter, pour des raisons de sécurité, les soldats russes de l’opération spéciale en Ukraine n’ont pas eu le droit d’emporter leurs téléphones portables. Tous les prétendus enregistrements de conversation de soldats russes seraient donc des fabrications.

Le deuxième article, daté du 25 mars, est basé sur un post sur Facebook de Sergiy Taruta, un politicien ukrainien, ex-gouverneur de la région de Donetsk nommé par le gouvernement issu du coup d’État de Maïdan. Il cite lui-même l’article d’un autre journal, NV, dans lequel un volontaire aurait cité le cas d’une jeune fille de 18 ans qui aurait été violée par les occupants à Marioupol pendant huit jours. Il ne cite ni le nom du « volontaire », ni celui de la victime. Votre serviteur n’a pas retrouvé cet article malgré l’aide d’une Ukrainienne. L’affaire est invérifiable en l’état. Mais, les commentaires des internautes sur la page Facebook de Taruta débordent de haine et d’appels au meurtre et à la castration des Russes. C’est à cause de messages comme cela que de nombreux prisonniers russes auraient été torturés et mutilés, selon des sources russes.

Les troisième et quatrième articles, de unian.ua et censor.net, évoquent en fait la même histoire, basée sur un article du Times. Le 9 mars, dans un village du district de Brovary (Bogdanivka), deux soldats russes, ivres, se seraient introduits dans une maison, auraient tué le mari et violé la femme, alors que leur enfant se cachait dans une pièce voisine. Crime sordide ! Bizarrement, l’un des violeurs se serait présenté, un certain Mykhailo Romanov... L’autre aurait été tué plus tard sans que l’on nous dise comment. Finalement, la femme a réussi à s’enfuir avec son fils. La même histoire avait déjà été évoquée par la procureure générale du pays, Iryna Venediktova, d’après un article du 22 mars, et elle sera reprise partout.

De la faible fiabilité des accusations du ministère de la Défense ukrainien et du SBU.

Sergej Sumlenny prétend ne relayer que les « cas confirmés, qui ont été vérifiés par les autorités ou des ONG influentes ». Il n’a pas l’air d’imaginer que les mêmes autorités puissent inventer ou exagérer des faits à des fins de propagande. Pour lui, le ministère de la Défense ukrainien comme le SBU sont forcément au-dessus de tout soupçon. 

Le cinquième article, daté du 30 mars, repose sur l’affirmation du ministère de la Défense ukrainien stipulant qu’une femme de Marioupol avait été violée pendant des jours par des soldats russes, sous les yeux de son fils de 6 ans, avant d’être tuée. Mais aucun détail n’était donné sur l’identité des victimes. Le même communiqué est repris dans des termes identiques par de nombreux journaux.   

Le sixième article, toujours daté du 30 mars, fait état du viol d’une jeune fille de 16 ans par trois soldats russes, qui auraient aussi tué un chien pour le manger. Ce détail sordide sur le chien semble être là pour faire passer les Russes encore plus pour des barbares, car tout le monde aime les chiens en Ukraine, même les soldats. Cette fois-ci, la source de l’information est un enregistrement audio venant du SBU, le service de sécurité ukrainien. Or, on a déjà évoqué le manque de crédibilité de ces interceptions téléphoniques dans le contexte de l’intervention militaire russe en Ukraine.

De plus, quand on a assisté à des procès dans ce pays et interviewé des gens qui ont eu affaire au SBU, on sait que tout ce qui vient de ce service doit être pris avec des longues pincettes. La destruction ou la falsification de preuves, les intimidations, voire les tortures sont courantes chez eux. Voici quelques exemples peu connus dont j’ai été témoin. Lors d’un procès dans le Donbass contrôlé par l’Ukraine, le procureur a présenté comme preuve contre l’accusé un enregistrement de conversation téléphonique qui ne le concernait en rien, qui émanait d’une affaire totalement différente. Pris en flagrant délit de manipulation, l’accusation qui se reposait sur le travail du SBU avait alors avoué ne pas avoir d’enregistrement similaire de l’accusé, tout en affirmant qu’il était malgré tout coupable des mêmes échanges avec des séparatistes. Dans une autre affaire, ils ont affirmé avoir égaré des enregistrements vidéos ayant pu disculper les accusés. Dans un autre cas, tout laissait croire qu’ils avaient inventé des preuves, des échanges par email créés de toutes pièces doublés d’aveux obtenus sous la torture. L’accusé a affirmé au procès avoir signé une feuille blanche après avoir été enlevé et tabassé pendant deux jours par des inconnus avant d’être relâché pendant une heure, puis arrêté officiellement. Son récit était soutenu par des voisins qui l’ont vu se faire enlever par des hommes en cagoule et par un certificat médical du médecin qui examina l’accusé à son arrivée dans le centre de détention.

Pour donner un exemple notoire des mensonges du SBU, en 2018, il a fait croire à la mort du journaliste Arkady Babchenko , soi-disant assassiné par les services secrets russes. Le monde entier y a cru, avant que le journaliste ne ressuscite pour expliquer que tout cela était un leurre pour tromper les criminels qui voulaient sa mort. Reporters Sans Frontières dénonça comme « regrettable et pathétique que la police ukrainienne ait joué avec la vérité, quelle qu’en soit la raison », ajoutant « Il suffit d’un cas comme celui-ci pour semer le doute sur tous les assassinats politiques ». Le SBU ne semblait même pas se rendre compte qu’avec ce procédé, il avait ruiné sa crédibilité. Le procès du suspect arrêté dans le complot se déroula à huis clos et ne permit pas d’éclairer une situation opaque.

Quant au ministère de la Défense ukrainien, début 2016, votre serviteur se souvient d’une accusation de viol publiée sur leur site. Selon eux, des soldats russes, présents dans une ville occupée du Donbass avaient violé une femme locale, avant d’être pourchassé par une foule de locaux en colère, jusqu’à un commissariat de police locale où ils auraient trouvé refuge. Notre hiérarchie à Kiev nous demanda d’essayer de corroborer cette affaire. Ayant passé plusieurs jours sur place, je ne rencontrai personne qui puisse confirmer quoi que ce soit sur cette accusation, à commencer par le chef de la police séparatiste qui nous reçut poliment. Par ailleurs, en 6 mois de présence, personne ne put jamais confirmer la présence de soldats russes dans celle ville, si ce n’est une poignée d’observateurs non armés du JCCC (Joint Committee for Coordination and Control)[1]. Au contraire, chaque fois que nous obtenions des informations sur l’origine des soldats de la RPD (République Populaire de Donetsk), ces derniers étaient de la région, voire de la ville. Il n’y avait aucun signe à ce moment-là de la présence d’unités de soldats russes. Comme le dira un contact local, si des soldats russes étaient présents, ce serait des conseillers techniques et ils resteraient discrets pour ne pas se faire remarquer. Bref, cette accusation du ministère ukrainien de la Défense avait tout d’une invention, une « fake news », pour reprendre le terme passé depuis à la mode, destiné à faire croire que les soldats russes occupaient les zones séparatistes, qu’ils se comportaient comme des bêtes, et que la population locale leur était hostile. C’était trois « fake news » en une.

Une autre accusation qui fut lancée plus tard consistait à accuser les soldats de la République Populaire de Donetsk d’utiliser des enfants comme bouclier humains pour transporter leurs munitions sur le front. L’accusation était illustrée par une photo d’un soldat de la RPD posant à côté d’un enfant de 10 ans, les deux souriant à l’objectif. Là encore, nous n’avons jamais trouvé le moindre indice pouvant corroborer une accusation tellement extrême qu’elle en était ridicule. De nouveau, le but était de présenter l’ennemi comme des sous-hommes, des inhumains et des pervers prêts à sacrifier leurs propres enfants. Or, pour avoir passé beaucoup de temps sur place, j’ai bien vu que les séparatistes vénèrent leurs enfants et les protègent autant qu’ils le peuvent (tout en les formant psychologiquement dès l’école à la défense de leur territoire assiégé).

Le plus impressionnant dans tout cela était de constater que nombre de mes collègues, notamment au siège à Kiev, des personnes qui avaient au moins un niveau de master, étaient prêts à croire à ces énormités. Aujourd’hui, rien n’a changé. Plus c’est gros, plus c’est choquant, et plus ça passe. Quand on est conditionné depuis des années à accepter l’idée que les Russes sont des barbares, on est prêt à avaler sans réfléchir les accusations les plus infamantes. Plus c’est choquant, et moins on est en mesure de réfléchir, car l’émotionnel prend le dessus. La naïveté, la crédulité, l’absence de recul critique de nombre de personnes, quel que soit leur niveau d’éducation, est quelque chose de sidérant.

Allégations multiples

Dans la foulée du scandale de Boutcha (voir Les allégations de crimes de guerre russes en Ukraine: Boutcha), de nombreuses accusations de viol furent lancées contre les soldats russes. Elles furent largement relayées dans les médias ukrainiens et occidentaux.

Dès le 5 avril, avant la moindre enquête, le secrétaire d’État américain Anthony Blinken fut un des premiers à lancer la campagne d’accusations, parlant d’une « campagne délibérée pour tuer, torturer et violer ».

[1] Le comité russo-ukrainien chargé de recenser les violations du cessez-le-feu et de coordonner les fenêtres de silence pour réparer les infrastructures essentielles le long de la ligne de contact.

« Un soldat russe arrêté après le viol d'un bébé : l'escalade de l'horreur en Ukraine »

Le 12 avril, cet article de Terrafemina colportait comme beaucoup d’autres l’allégation du journal Metro du 10 avril au sujet d’un soldat russe, Alexei Bychkov, qui aurait violé un bébé de 14 mois, et qui aurait été arrêté. On ne sait pas où, ni par qui, ni comment il aurait été appréhendé, mais on suppose que c’est par l’Ukraine, puisque c’est l’Ukraine qui en parle.

En réalité, dans les deux articles, il n’est même pas dit si le bébé qui serait la victime était ukrainien, ni si le crime a eu même lieu en Ukraine.

D’après le journal The Insider, qui a une adresse internet en .RU, mais affiche un contenu généralement très anti-russe, contenu repris par le journal indo-singapourien International Business Times, c’est en Russie que Bychkov a été arrêté, le 9 avril. Il aurait été dénoncé sur VKontakte, le Facebook russe interdit en Ukraine depuis les années Poroshenko. Le criminel aurait donc été dénoncé par des Russes, notamment un certain Kostya Kikeev et une certaine Anastasia Tsekres ; et il aurait également été arrêté par des Russes. Mais, ces informations ne servent pas l’agenda de diabolisation des Russes. Il faut donc chercher pour les trouver. IBT précise que la date de la production de la scabreuse vidéo n’est pas connue, mais qu’elle a été diffusée pendant le conflit ukraino-russe. Les premières troupes russes de l’opération spéciale ayant été rapatriées en juillet, juste après la prise de Lissitchansk, comment Bychtov aurait-il pu participer à cette mission et être arrêté en Russie au 9 avril ? Son unité faisait-elle partie des troupes retirées du nord de l’Ukraine le 30 mars et réparties par la suite sur les autres fronts ? On apprend par ailleurs que le 8 mars 2022, Bychkov a écopé d’une amende en Russie. À moins qu’il n’y ait un décalage entre l’amende et la date de l’infraction, voilà qui plaiderait pour penser que Bychkov était en Russie à cette date, et non en Ukraine. Selon The Insider, l’unité de Bychkov est située dans la région de Pskov, et toutes les unités de cette région participaient à la guerre en Ukraine. Mais, cela ne prouve rien. Tout régiment qui part en opération laisse toujours en base arrière une partie de ses forces, pour gérer les affaires courantes, entretenir les matériels, garder la base, gérer les relations avec les familles des soldats. Il n’est donc même pas certain que le crime de Bychkov, concerne l’Ukraine. Rien ne l’atteste.  Malgré cela, ce cas a été présenté comme un symbole de la barbarie russe en Ukraine. Bel exemple de manipulation !

Les deux articles de Terrafemina et Metro cités ci-dessus reprennent aussi un tweet du ministre des Affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kuleba, qui reprend lui-même un tweet de Lyudmila Denisova (retenez-bien ce nom !), la médiatrice des Droits de l’Homme en Ukraine. Ils font également état d’autres drames, censés s’être passés dans la zone de Boucha. Une adolescente de 14 ans violée par cinq occupants russes et maintenant enceinte, un garçon de 11 ans violé devant sa mère, une femme de 20 ans violée par trois occupants de toutes les manières possibles.

Kuleba en profite pour demander aux politiciens européens « d’arrêter cette folie » en imposant immédiatement un « embargo sur le pétrole et le gaz russe ».

Le choix de la presse féminine pour colporter ce genre d’accusations n’est pas anodin. Sans vouloir paraitre sexiste dans notre société post-moderne, il me semble que les femmes, qui sont souvent mères de famille, ont certainement un attachement aux enfants plus important que la moyenne des hommes. Elles sont aussi en général plus réticentes que les hommes à accepter l’idée que leurs enfants partent à la guerre. Par conséquent, ces histoires de viol d’enfant ne peuvent que les convaincre de haïr les Russes, de soutenir la fourniture d’armes à l’Ukraine, ou a minima les sanctions susceptibles de réduire durablement leur confort de vie. Je connais deux mères de famille françaises, en apparence paisibles, qui seraient volontaires pour torturer les violeurs d’enfants.

L’article de TerraFemina renvoie aussi à un autre article du 18 mars, qui relate la visite de quatre femmes ukrainiennes, toutes députées, auprès de Boris Johnson. Là encore, on met les femmes en avant pour parler des problèmes qui concernent plus directement les femmes, et notamment les viols[2]. Ces quatre politiciennes ont allégué que des femmes d’une soixantaine d’années avaient été violées dans les environs de Kiev. Certaines auraient été exécutées et d’autres se seraient suicidées. Voilà de quoi effrayer, non seulement les jeunes femmes, mais aussi celles qui sont plus âgées. La propagande vise tous les segments de la population. Là encore, pas de détails, même pas le nom d’une ville. On nous demande de croire sur commande à ces allégations et à des affirmations comme « Poutine cible désormais les groupes de femmes et d’enfants vulnérables » ou « des enfants ont également été délibérément abattus parce que Vladimir Poutine avait donné l'ordre de propager le plus haut climat de terreur. »


 

Ce ne sont donc pas des soldats égarés qui seraient responsables, c’est Poutine lui-même. Mais si Poutine encourage ces horreurs, pourquoi les Russes ont-ils arrêté Bychkov ? Pour seulement pouvoir poser cette question, encore faut-il connaitre les faits que l'on nous cache savamment. 

L’excuse du traumatisme pour expliquer l’absence de détails

Celui qui demandera des preuves de ces accusations, ou qui osera demander pourquoi Poutine lui-même chercherait par tous les moyens à faire détester les Russes en Ukraine, ne peut être qu’un suppôt du diable Poutine. En guise d’explication pour le manque de détails, on nous dira que « les familles n’ont pas la force ou la capacité de se manifester ».

Dans un autre article du 11 avril, Terrafemina revient sur ce sujet, et titre sur « le viol comme armes de guerre ». L’article reprend les propos d’une des députées, citée plus haut : "Les soldats russes auraient commis plusieurs crimes de guerre. Mais le viol est peut-être celui qui fait le plus mal. En tant que femme, on pense tout de suite que cela peut nous arriver, arriver à nos amis, à nos filles. (…) Pour le moment, il est très difficile d'avoir plus de détails, car les familles de ces femmes qui ont survécu au viol ne veulent pas parler, elles sont trop traumatisées, ou les victimes ont été tuées après ce crime."

L’argument du traumatisme trop grand pour témoigner est difficilement rejetable à moins de passer pour un cœur insensible. Et, c'est ce qui a prévalu pendant des mois. Mais, les populations n’ont pas eu besoin de preuves pour être convaincues. La psychologie humaine est ainsi faite que plus le crime est horrible, plus les gens ont tendance à y croire, car l’émotion annihile l’intellect et le recul critique. Cette facilité pour manipuler les masses a quelque chose d’assez terrifiant.

Cet article de Waronfake, daté du 7 mai, démonte assez bien les mécanismes de la propagande. On a affaire au témoignage d’une Ukrainienne vivant en Pologne et qui soutient Azov. Elle prétend avoir vu des photos horribles d’une jeune adolescente de 14 ans, visiblement violée et tuée. Les photos lui auraient été montrées par une autre femme, dont le nom est inconnu. Mais, personne ne publie les photos. Et, même si elles existaient, en quoi cela prouverait qui seraient les coupables ? L’article conclut sur ces termes :

« Tous les faux sur les viols ont un point commun. Ils contiennent beaucoup d'informations capables de provoquer la peur, la fureur et le désespoir parmi les lecteurs, mais presque aucun détail. Il n'y a aucun nom des victimes, aucune donnée médicale, aucun rapport des autorités chargées de l'application de la loi ou aucune autre information pouvant être vérifiée. »

[2] Cependant, dans la réalité, comme je l’ai appris en stage de formation pour les missions dans les pays en guerre, 70% des victimes de viols lors dans des cas de séquestration, seraient des hommes. Je connais au moins un cas d’homme ayant subi des violences sexuelles en Ukraine. Les viols de mâles étaient aussi plus courants en Afghanistan que les viols de femmes.

La manipulation de la peur

À titre d’exemple de la propagande occidentale sur les viols en Ukraine, un article du média public canadien CBC (Canadian Broadcasting system), daté du 10 mai, est intitulé « Craignant le viol et la mort, cette femme a ramené des preuves matérielles de l’Ukraine ». Le titre utilise les mots-clefs les plus anxiogènes. On s’attend à un récit angoissant où la femme échappe de peu à ces horreurs. Mais, lorsqu'on lit l’article, rien de tout cela n’est décrit. La femme dit avoir passé 16 points de contrôle russes, sans qu’aucun incident n’arrive. Comment dramatiser un récit avec un titre racoleur, alors que rien ne s’est passé ? Si les Russes étaient engagés dans une politique de viol massif, comment se fait-il qu’ils aient à 16 reprises laisser cette femme passer sans même une réflexion sexiste ?  Afin de rendre les choses encore plus faussement dramatiques, la femme nous explique qu’elle se forçait à parler russe avec les soldats pour éviter d’éveiller l’attention. Mais, tout le monde parle le russe au quotidien à Marioupol. Vient-elle bien de cette ville ? Mais, cette incongruité doit probablement échapper au public canadien[3].

Globalement, la presse occidentale nous a servi des enquêtes et des accusations à sens unique, des exagérations systématiques faites pour toujours diaboliser l’ennemi avec des titres qui donnent presque toujours une impression pire que ce que décrit le même article. J’ai observé que cette méthode de propagande était largement utilisée dans la presse occidentale à chaque conflit auquel participe l’Occident.

À titre d’exemple, cet article du Figaro du 18 mai titre : « l’enfer russe de tueries et de viols ». On s’attend encore à ce que l'on nous parle de viols de masse. Or, quand on le lit, on s’aperçoit qu’un seul viol est relaté, avec la victime présumée interviewée par téléphone. Le même crime, qui aurait eu lieu le 13 mars, à Malaya Rohan, dans la région de Kharkov, était déjà relaté depuis le 3 avril dans un article en anglais, publié par Human Rights Watch.

Dans le même article du Figaro, à propos des tueries, on s’aperçoit aussi qu’un des villageois de Malaya Rohan, Serhyi Konoplia, fut exécuté à bout portant non pas par l’armée russe, mais par l’armée ukrainienne. Les tentatives de trouver des excuses improbables aux soldats ukrainiens de la part de celui qui relate la scène ne tromperont que ceux qui veulent l’être. La réalité d’une guerre où les civils sont mêlés, avec de multiples allégeances, est qu’elle est sale des deux côtés. Quand certains hommes ont une arme entre les mains, la tentation d’en abuser leur est irrésistible, d’où qu’ils viennent. Cela fait partie des points les plus sombres de la nature humaine.

[3] Quant à ses preuves, elles n’ont pas plus de valeur que les morceaux de missile Himars américains que les autorités de RPD ont présenté comme ayant été retrouvés au centre de détention de Yelenovka où des dizaines de prisonniers d’Azov ont trouvé la mort dans un bombardement à la responsabilité contestée. On peut imaginer qu’ils ont trouvé ces fragments ailleurs et cela ne peut donc pas constituer une preuve que les Ukrainiens ont bombardé le site, même s’il est probable qu’ils l’aient fait.

L’éviction de la médiatrice ukrainienne des Droits humains par le Parlement

On l’a vu plus haut, la médiatrice des Droits de l’Homme en Ukraine, Lyudmyla Denisova, avait une position centrale dans la révélation au monde de récits de viols et de meurtres plus terribles les uns que les autres, notamment après Boucha.

Cependant, en coulisse, certaines personnes sérieuses, en Ukraine comme à l’étranger, ont commencé à demander des preuves, notamment auprès du Parlement ukrainien qui avait contribué à répandre les allégations, comme on l’a vu plus haut, et qui se trouvait dans l’embarras de ne pouvoir les étayer.

Le 25 mai, des dizaines de femmes ukrainiennes, toutes journalistes, ont publié un communiqué appelant Lyudmila Denisova à corriger sa communication sur les crimes sexuels pendant la guerre, lui demandant plus de rigueur, notamment de ne communiquer que sur des cas vérifiés.

Faute d’avoir pu fournir des preuves de ses allégations, le 31 mai 2022, Lyudmyla Denisova a été démise de ses fonctions de médiatrice des Droits humains. Cependant, les raisons de sa destitution n'ont pas été expliquées au public.

La révélation du mobile d’une campagne mensongère

Le 1ᵉʳ avril, d’après le média Meduza, le bureau de Denisova créa avec des fonds de l’UNICEF un centre d’appel pour aide psychologique, ou sa propre fille, Oleksandra Kvitko, fut employée comme psychologue. Très vite, les deux femmes mentionnèrent aux médias locaux et internationaux, y compris devant le forum économique mondial, qu’elles avaient reçus des centaines d’appels concernant des crimes sexuels, avec moult détails sordides, notamment des accusations de viols de filles devant leur mère, de viol de bébés avec des objets (apriori l’affaire Bychkov).

Le média Ukrainska Pravda (UP) chercha à corroborer toutes ces histoires rendues publiques, mais ne put obtenir de confirmation. Les journalistes découvrirent alors qu’aucun des cas n’avait été transmis au bureau du Procureur pour enquête.

Convoquée par le Procureur pour justifier ses multiples allégations, Denisova avoua qu’elle tenait tous ces récits de sa fille. Elle expliqua qu’elle avait « raconté toutes ces histoires horribles » parce qu’elle voulait « que l’Ukraine soit victorieuse. » C’est là l’aveu du mobile des mensonges en masse. Auparavant, face à ses propres subordonnés qui se demandaient d’où elle sortait toutes ces affaires atroces, elle répondit « nous travaillons sur le front de l’information », une phrase lourde de sous-entendus.

Dans une interview le 3 juin, elle confirma le mobile de ses inventions :

« Quand, par exemple, j'ai parlé au Parlement italien, à la commission des affaires internationales, j'ai entendu et vu une telle fatigue de l'Ukraine, vous savez ? J'ai parlé de choses terribles afin de les pousser d'une manière ou d'une autre à prendre les décisions dont l'Ukraine et le peuple ukrainien ont besoin. »

Ces mensonges ont été efficaces, puisque Denisova explique que le parti 5 étoiles, qui était initialement opposé à la fourniture d’armes pour l’Ukraine, a changé d’avis après son discours.

Elle continue son explication en déclarant : « j'ai peut-être exagéré. Mais j'ai essayé d'atteindre l'objectif de persuader le monde de fournir des armes et de faire pression (sur la Russie). »

Elle prétendait que les viols sont « une tactique de guerre de la Fédération de Russie », et que « cela se produit systématiquement, constamment, partout et avec une cruauté particulière aujourd'hui. »

Interrogée à son tour par le bureau du Procureur, sa fille Oleksandra Kvitko a prétendu qu’elle avait reçu plus de 1 000 appels, dont 450 concernaient des viols sur des enfants. Cependant, les enquêteurs n’ont pu trouver la trace que de 92 appels passés.

La réalité

D’après Ukrainska Pravda, fin juin, la police ukrainienne enquêtait sur 20 cas de viols où les suspects étaient des soldats russes. L’un d’eux était en cours de jugement depuis le 23 juin. Il s’agit de l’affaire de Bogdanivka impliquant Mikhail Romanov, citée plus haut. Ce dernier était jugé par contumace.  Apparemment, le verdict n’a toujours pas été rendu. Cependant, l’issue ne fait aucun doute. Dans le Donbass, 99.9 % des procès criminels contre les séparatistes se sont terminés pas un verdict de culpabilité.

Seuls deux autres soldats russes ont été identifiés dans des affaires similaires, dont un opérateur radio de 20 ans, ayant sévi dans le district de Brovary. Un autre soldat russe aurait « forcé un mineur de la région de Tchernigiv à avoir des contacts sexuels ».

Par ailleurs, d’après un procureur en charge des crimes contre les mineurs, seuls deux cas de « maltraitance d’un enfant » étaient « confirmés » à la mi-juin, sans qu’il soit clair de savoir de quel type de maltraitance il s’agissait, mais cela inclut certainement le cas de la région de Tchernigiv.

20 cas de viol, cela reste 20 cas de trop et tous les coupables doivent être identifiés et si possible jugés. Cependant, on reste loin des centaines de cas évoqués précédemment sur des enfants. 20 cas en 4 mois, qui restent à prouver, pour une force d’invasion de plus de 150 000 soldats, en quoi cela pourrait-il démontrer une « tactique de guerre », se produisant « systématiquement, constamment et partout », selon les termes de Denisova ?

Ukrainska Pravda nous apprend que lorsqu’elle a été nommée Médiatrice des droits humains en 2018, Denisova n’avait aucune expérience dans le domaine.[4] On a également appris que « les militants des droits de l'homme ont toujours eu des plaintes contre Denisova », et que son nom avait été cité en 2019 dans un scandale de corruption, sans que cela l'empêche de rester en fonction. Pour UP, l’éviction de Denisova était « un licenciement brutal tant attendu ». Au passage, UP a prouvé qu’il reste de véritables journalistes en Ukraine.

L’absence de réaction de l’Occident

Face à ce qui est objectivement un scandale, certains auraient pu s’inquiéter de la crédibilité du discours officiel de l’Ukraine auprès du grand public, notamment à l’étranger. Qu’ils soient rassurés, l’affaire ne s’est pas ébruitée.

L’UNICEF n’a pas réagi au bide de son projet, qui n’a fait que financer une campagne de propagande. Pire encore, personne ne semble en mesure de donner l’identité des quatre psychologues censés avoir été embauchés aux côtés de la fille de Denisova. Par conséquent, on est apparemment aussi face à une affaire de détournement de fonds internationaux et de népotisme.

Et, aucun politicien, ni aucun grand média occidental n’a fait référence à tout cela.

Le journal Zerohedge a fait remarquer que les grands médias américains ont très largement relayés les mensonges de Denisova, mais ils se sont abstenus de se corriger après le scandale de sa destitution, comme tous les autres.

[4] Et, le procureur général en charge de 2016 à 2019, Yuri Loutsenko, n’avait pas de diplôme de droit. La première était proche du ministre de l’Intérieur Avakov, et le second un proche du président Porochenko. Ainsi va l’Ukraine.

Des violeurs d’enfants, tortionnaires et psychopathes, libérés par le président Zelenski

Si les autorités ukrainiennes se souciaient véritablement des victimes de viols, libéreraient-ils des prisonniers condamnés pour viols pour combattre les Russes ?

Le 11 juillet dernier, on apprenait ainsi que le leader du bataillon Tornado, Rouslan Onichenko, condamné en 2017 à onze ans de prison pour viol, tortures, enlèvement et séquestration, et pour avoir poussé des gens au suicide, avait été libéré de prison pour aller se battre sur le front. Il avait commis ses forfaits dans la région de Lougansk pendant les premiers mois de la guerre du Donbass. Auparavant, dès le 27 février, un de ses adjoints, Danil “Mujahed” Lyashuk, un admirateur de l’État Islamique, avait, lui aussi, été libéré pour aller se battre. D’après Southfront.org, les deux hommes sont des sadiques psychopathes. Durant le procès des membres du Bataillon Tornado, des témoignages horribles, des images terribles issues de leurs téléphones portables, avaient été révélés : multiples meurtres, mutilations, castrations, ainsi que des viols d’hommes, de femmes et d’enfants, y compris le viol d’un bébé. Les témoins ont décrit comment une fillette de dix ans fut kidnappée pour une rançon, et filmée pendant qu’on la violait à de multiples reprises jusqu’à ce qu’elle meure au bout d’une semaine. Au vu des crimes abominables perpétrés, les peines semblent bien légères.

D’après le décret de Zelensky, l’idée est que ces criminels de la pire espèce aillent terminer leurs peines dans les endroits les plus dangereux du front. Est-ce vraiment une bonne idée que d’envoyer de tels prédateurs psychopathes dans une zone de guerre, les armes à la main, là où ils ont déjà sévi de la pire manière ? Zelensky compte-t-il sur eux pour torturer des prisonniers russes, ou simplement terroriser les civils, violer encore des femmes qui ne se seraient pas assez patriotes ? Où sont maintenant ces barbares ? Sont-ils coupables des meurtres ci-dessous cités ?

Le cas de la femme violée, tuée et marquée d’une croix gammée !

C’est un journaliste américain indépendant, Patrick Lancaster, qui a révélé l’affaire dans une vidéo publiée le 27 mars et filmée dans l’école N°25 de Marioupol. Dans les sous-sols de l’école, accompagné d’un lieutenant de la RPD, il découvre le corps de cette pauvre femme, allongée sur le dos, avec une croix gammée brulée sur le ventre. Des vêtements trouvés sur place indiquent que les lieux étaient occupés par une unité de la Garde nationale ukrainienne. Azov fait partie de la garde nationale ukrainienne, mais une autre unité de la Garde était aussi présente à Marioupol.

Comme si l’horreur ne suffisait pas, la photo du corps de cette femme a été détournée par les réseaux sociaux pro-ukrainiens, y compris par le conseiller du président ukrainien, Arestovitch, avec un narratif complètement différent qui faisait de la pauvre femme, une victime de viol par des soldats russes à Gostomel, dans la banlieue de Kiev, près de Boutcha. Ainsi fonctionne la propagande en Ukraine. Une victime probable de soldats ukrainiens devient une victime des Russes.

Une accusation de viol contre l’armée ukrainienne.

D’après Southfront, le 13 mai dernier, les militaires russes ont découvert dans le village de Dolgenkoye, à 20 km au sud d’Izyum, le corps dénudé d’une femme apparemment violée. La maison où a été faite cette découverte macabre était, d’après eux, occupée par des soldats ukrainiens qui contrôlaient un checkpoint. À la différence des nombreuses allégations contre les Russes pour lesquelles aucune image n’est montrée, l’accusation est, dans ce cas, illustrée par une photo qui fait froid dans le dos. Je n’ai vu aucun média occidental reprendre cette information.

Après vérification sur la carte, il semble que Dolgenkoye corresponde à Dovgenke. Les noms de localité peuvent diverger légèrement entre le russe et l’ukrainien, mais également en fonction de règles grammaticales subtiles. Ce village est situé à seulement deux kilomètres de la limite administrative de la région de Donetsk. Bref, c’est presque déjà le Donbass, une zone dont les habitants sont méprisés par de nombreux Ukrainiens de l’Ouest.

Le rapport de l’ONU

Le 29 juin, le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) de l’ONU a publié un rapport dans lequel il répertorie 108 allégations de violence sexuelle liées au conflit dans toute l’Ukraine, depuis le 24 février, dont 78 viols. À titre de comparaison, il y a 4 plaintes pour viols par jour dans la ville de Paris, une ville de moins de 3 millions d’habitants. En ce qui concerne les violences sexuelles, Paris en temps de paix est donc beaucoup moins sûre que l’Ukraine envahie par les Russes. À noter que lorsqu'on parle de violence sexuelle, on inclue également la simple menace de violence sexuelle, la simple mise à nu ou encore l'attouchement. Sur ces 108 cas, le HCDH n’en a confirmé que 23. La majorité concernait des hommes. Un seul cas concernait une mineure, et n’était qu’une menace de violence sexuelle. Autrement dit, le HCDH n’a confirmé aucun cas de viol sur mineur en Ukraine, alors que tous les journaux ukrainiens et occidentaux regorgent de griefs à l'encontre des Russes accusés d'avoir violé des enfants et des bébés en masse.

Sur ces 23 cas vérifiés de violence sexuelle, onze ont été commis par les forces russes, cinq par les forces ukrainiennes. Les sept autres ont été commis par des acteurs non identifiés, dont cinq en territoire contrôlé par l’Ukraine, et deux dans des territoires contrôlés par les forces russes. Autrement dit, sur 23 cas vérifiés, seuls 13 d’entre eux concernent des Russes ou des pro-Russes, contre 10 qui incriminent des Ukrainiens.  

La plupart des cas semblent concerner des mises à nu sur l’espace public et des menaces. Le seul exemple de viol donné dans le rapport concerne là encore la fameuse affaire impliquant Romanov, à Bogdanivka.

En conclusion

De tous les récits de viols en Ukraine évoqués dans ce long article, seule une poignée de cas où les Russes sont accusés sont étayés par des détails qui rendent le récit crédible. Les affaires de Bogdanivka et de Malaya Rohan ont été largement couvertes. Il n’y a aucune preuve que le cas du psychopathe russe qui aurait violé un bébé concerne l’Ukraine. Par ailleurs, deux autres cas où les suspects seraient plutôt ukrainiens ont été ignorés par la presse occidentale mainstream, malgré les photos des victimes et l’information sur le lieu précis où leurs cadavres ont été retrouvés. Sept mois après le début de l’invasion, faute d’éléments probants supplémentaires, il ne semble donc pas évident que les soldats russes présents en Ukraine soient vraiment plus coupables de viols ou d’agressions sexuelles que les soldats ukrainiens, comme le rapport du HCDH semble l’indiquer.

De tous les mensonges et des manipulations avérés ou probables de l’Ukraine, les mensonges sur les viols massifs, notamment de mineurs, sont les pires. Il suffit de lancer le débat avec certaines personnes pour voir les réactions hystériques que le sujet provoque, y compris en France, car on touche à ce qu’il y a de plus sensible, de plus intime chez les êtres humains, à ce qui choque le plus les gens.

Relayés complaisamment par tous les médias ukrainiens et occidentaux, ces mensonges ont déclenché dans l’opinion des réactions d’effroi et de haine collective maximales, des traumatismes tels chez certains qu’il sera difficile de revenir en arrière.

Partout en Europe, on a vu des manifestations extrêmes de protestation contre les prétendus viols massifs de l’armée russe, des femmes en slip avec l'entre-jambe tâché de faux sang défilaient sur les places publiques. Dans quel état psychologique ces fausses victimes qui se prêtaient à de telles mises en scène auto-humiliantes sont-elles ? Ces manifestations théâtrales sanguinolentes leur servaient sans doute de moyen d’extérioriser leur souffrance intérieure. Combien d’entre elles serait-il encore possible de raisonner ?

On peut d’autant plus blâmer nos grands médias et nos dirigeants qu’aucun d’entre eux n’a fait de publicité au travail remarquable de Ukrainska Pravda, démontrant que la grande majorité des accusations de viol ne reposait sur aucune évidence, et n’étaient que des inventions destinées à susciter la colère et la compassion internationale, pour que les Occidentaux acceptent de se ruiner pour armer l’Ukraine et sanctionner les Russes. Les mêmes récits mensongers ont aussi servi à motiver les soldats ukrainiens, à susciter leur haine de vaincre et leur volonté, à la fois de tuer des Russes, et dans certains cas de les faire souffrir.

Certains pensent, même en France, qu’il serait acceptable de mentir quand il s’agit de tout faire pour se défendre d’une invasion. Mais, lorsqu'on décide que l'on peut mentir pour une bonne cause, où fixe-t-on la limite ? Et après tout, chaque mensonge ne sert-il pas la bonne cause de quelqu’un ?

Quand on s’autorise à mentir pour une bonne cause, en salissant un groupe d’êtres humains dans son ensemble, on sape les fondements de la civilisation même. On trahit tout idéal de décence humaine.

Et, une conséquence regrettable de ces mensonges est aussi qu’ils sèment le doute sur les quelques véritables crimes qui ont probablement bien eu lieu, ce qui est une offense aux vraies victimes. Les femmes qui ont colporté ces mensonges en connaissance de cause n’ont certainement pas fait avancer la cause des femmes vraiment meurtries. Elles l’ont salie. Et, elles ont sali leurs âmes. En obtenant plus d’armes pour l’Ukraine au lieu de chercher l’apaisement, elles ont contribué à perpétuer le conflit, à prolonger les souffrances de leur pays, à faire plus de morts de part et d’autre, car la Russie ne se laissera jamais abattre sans réagir.

Enfin, outre l’exagération massive des crimes russes, que dire du silence des médias occidentaux sur les crimes imputables aux Ukrainiens ? Nous sommes bien dans une guerre de l’information, une guerre de la propagande, où tous nos grands journaux ont démontré l’effondrement de leur crédibilité. Ils ne sont plus que des outils de propagande entre les mains d’un pouvoir supranational qui nous vend chaque jour un narratif, mélange de mensonges, d’exagérations et d’occultations systématiques des faits qui vont à l’encontre de l’objectif recherché, celui de la diabolisation de l’ennemi désigné.

Lire aussi : Retour sur les allégations de crimes de guerre russes en Ukraine: la gare de Kramatorsk

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