La guerre de la science : décryptage avec le Pr Didier Raoult sur Le déclin de l'Intégrité dans la recherche scientifique


Dans une ère où la science est de plus en plus influencée par des intérêts financiers, le professeur Didier Raoult s'exprime sur les défis auxquels fait face la communauté scientifique. Au cœur du débat, la manière dont les publications scientifiques sont manipulées et comment cette situation affecte la véritable progression scientifique.
La construction de la science et ses obstacles : Didier Raoult commence par rappeler l'évolution de la communication scientifique depuis le XVIIIe siècle. À l'origine, les scientifiques échangeaient des idées par courrier, sans implication financière. Aujourd'hui, deux géants dominent : l'industrie pharmaceutique et celle des publications scientifiques. « Les deux industries les plus bénéficiaires actuellement du monde capitaliste », explique Raoult, soulignant l'énorme financement de la recherche, dépassant même le budget militaire en France.
Le rôle des journaux scientifiques : les journaux scientifiques, désormais des acteurs majeurs du capitalisme, imposent des règles strictes qui entravent le partage libre du savoir. Raoult partage une expérience personnelle : un article sur le chikungunya refusé après six mois par le New England Journal of Medicine, uniquement pour voir une publication concurrente apparaître immédiatement. « L'idée que ces journaux sont meilleurs parce qu'ils sont revus par les pairs est une idée qui n'est pas raisonnable », affirme-t-il.
Une machine de guerre : la rétraction. La rétraction d'articles est devenue une arme contre ceux qui osent défier le statu quo. Raoult cite l'exemple de l'hydroxychloroquine, où plusieurs équipes, y compris la sienne, ont subi des rétractions orchestrées par des sites de délation comme PubPeer. « C'est le zéro de la science », s'exclame-t-il, dénonçant les comportements de certains acteurs comme Elisabeth Bik, qui utilisent des méthodes douteuses pour discréditer des travaux scientifiques. De plus il attire notre attention sur les visions qu'Elisabeth Bik déclare avoir dans un article de Vanity Fair. Article qui a été dépublié mais que l'on peut retrouver sur WebArchive.
Regardez plutôt ce que cet article nous apprend sur cette personne : « Bik est atteinte d’un mal étrange : elle est incapable de reconnaître les visages, à l’exception de ceux de ses proches. … Alors parfois, Elisabeth Bik s’installe au volant sans aller nulle part : elle se contente de rester là, garée dans l’allée, regard dans le vide, contact coupé. À la nuit tombée, il lui arrive de lever les yeux vers le ciel et d’observer les étoiles. Quand elle les ferme, c’est comme si la carte de l’univers lui apparaissait, nette et précise. Avec une aisance déroutante, elle retient les angles formés par ces milliers d’astres scintillants. Sur ce point, il n’y a pas à dire, Elisabeth Bik a un don. ».
Et Bik à force de voir des étoiles, finit par les toucher, tel que Charles V et Xavier Azalbert ont pu l'illustrer dans une analyse de ses publications : « à force de voir des copiés-collés partout, elle en trouve, mais ils n'en sont pas ». Malgré ses erreurs nombreuses, Bik obtiendra bien un prix financé par Bill Gates ! Follow the Money.
La problématique de l'éthique : en France, le concept de comité d'éthique n'existe pas dans la loi, remplacé par des comités de protection des personnes. Cela crée une confusion, exploitée par ceux qui cherchent à discréditer des recherches légitimes. Raoult rappelle que les déchets humains, par exemple, ne sont pas considérés comme de la recherche médicale selon la loi française.
Hier, le Sénat américain a approuvé la nomination du Dr Jay Bhattacharya comme directeur du NIH des États-Unis. par 53 votes pour 47 contre. Bhattacharya, professeur d'Économie et de Médecine de l'Université de Stanford, a donc convaincu les sénateurs que son projet ambitieux de réformer le système de la production scientifique, avec un des plus gros budgets de recherche au monde, est réaliste. France-Soir reste le seul média français à avoir interviewé Bhattacharya a plusieurs reprises (ici, ici, et ici).
Le professeur Didier Raoult conclut avec une réflexion sur la nécessité de contrepouvoirs pour maintenir l'intégrité scientifique. « Il faut être lucide », dit-il, insistant sur le fait que la science doit être protégée des intérêts financiers pour véritablement servir le bien-être public.
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