Les satellites de la constellation Starlink pourraient causer une « catastrophe climatique »

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FranceSoir
Publié le 08 juillet 2021 - 18:07
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Un groupe de satellites Starlink
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MARIANA SUAREZ / AFP
Un groupe de satellites Starlink passant au-dessus de l'Urugay
MARIANA SUAREZ / AFP

Des scientifiques alertent sur le risque climatique engendré par les 12 000 satellites composant la constellation Starlink. En se consumant, l’aluminium qu’ils contiennent pourrait former un nouveau trou dans la couche d’ozone.

Une aggravation du réchauffement climatique

SpaceX, la société aérospatiale d’Elon Musk, risque-t-elle de causer une « catastrophe climatique » ? C’est ce qu’affirme Aaron Boley, éminent professeur d’astronomie et d’astrophysique à l’université de Colombie-Britannique (Canada). Dans une étude publiée en mai dernier dans Scientific Reports, il alerte sur le risque engendré par Starlink, la constellation de satellites de télécommunications que prévoit de déployer SpaceX dans les années à venir. Si en avril 2021, 1 300 satellites étaient déjà en orbite autour de la Terre, Starlink prévoit d’en envoyer 12 000 d’ici à 2025.

Or, outre le risque de collision et celui de pollution lumineuse qu’ils risquent d’augmenter, ces milliers de satellites pourraient bien aggraver le réchauffement climatique. Selon Aaron Boley, leur déploiement entraînera « l’arrivée de 2 tonnes de matériaux dans l’atmosphère terrestre chaque jour. C'est bien moins que les 54 tonnes de météorites arrivant quotidiennement, mais ces dernières ne contiennent que 1 % d'aluminium environ. »

Une dégradation du trou de la couche d’ozone

Et c’est bien là le risque. En se consumant, l’aluminium produit de l’alumine, un composé chimique susceptible de dégrader la couche d’ozone. Selon l’ingénieur aérospatial Martin Ross, « les émissions engendrées par le lancement de 1 000 fusées suborbitales par an pourrait réduire de 5 à 6 % la densité de l'ozone dans les hautes latitudes ».

Les scientifiques soulignent aussi le risque climatique de ces satellites lorsqu’ils arriveront en fin de vie. « L'alumine réfléchit la lumière à certaines longueurs d'onde, et si vous en déversez suffisamment dans l'atmosphère, vous allez modifier l'albédo de la planète », alarme Aaron Boley. L’albédo est le phénomène de réflexion d’une partie du rayonnement solaire lorsqu’ils arrive sur le sol de la Terre. C’est en partie ce phénomène qui est responsable des basses températures des régions polaires. L’alumine déversé par les satellites risque de modifier la haute atmosphère, avec des conséquences encore inconnues sur le climat.

« Les humains sont exceptionnellement bons pour sous-estimer leur capacité à bouleverser l'environnement. En deux ans, le nombre de satellites actifs et défunts dans la basse atmosphère a augmenté de plus de 50 %, pour atteindre environ 5 000 au 30 mars 2021. SpaceX, à lui seul, est en bonne voie d'en ajouter 11 000 autres et a déjà déposé une demande d'autorisation pour 30 000 autres auprès de la FCC », conclut Alan Boley, qui appelle à une limitation du nombre de satellites en orbite pour éviter, à l’avenir, d’aggraver encore le réchauffement climatique et la pollution de l’atmosphère.

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