"Affaiblissement des démocraties": Obama accuse les réseaux sociaux et demande plus de contrôle

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FranceSoir
Publié le 22 avril 2022 - 17:21
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Barack Obama, ancien président des Etats-Unis (2009-2017).
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Jeudi 21 avril, Barack Obama pourfendait les réseaux sociaux à travers un discours qu'il donnait devant les étudiants de Stanford, au cœur de la Silicon Valley, en Californie. Reconnaissant lui-même qu'il n'aurait "peut-être pas été élu" sans eux, l'ancien président américain appelle désormais à les réguler davantage en rigidifiant leurs algorithmes. Il assure que ces plateformes sont "une des causes majeures de l'affaiblissement des démocraties" et qu'elles révèlent "les pires instincts de l'humanité". Un discours partagé en grande partie par Emmanuel Macron, qui n'envisage pas moins que le "démantèlement" de Facebook.

Lire aussi : Macron envisage le "démantèlement" de Facebook et la suppression de l'anonymat en ligne

Double standard et "sonnette d'alarme"

Moitié mea culpa, moitié accusation, le discours semble difficile à suivre. Le problème n'est pas "ce que les gens publient", mais ce que "les plateformes promeuvent", explique Barack Obama. Il poursuit en avouant n'avoir pas réalisé assez tôt "à quel point nous étions devenus réceptifs aux mensonges et aux théories du complot"... depuis Donald Trump. Il accuse notamment son successeur de "nier les résultats clairs de l'élection" et d'avoir incité ses électeurs à prendre d'assaut le Capitole : "Ce doit être notre sonnette d'alarme pour réagir", avance-t-il. Et de conclure en appelant à une réforme des lois qui gouvernent les réseaux sociaux, pour plus de transparence, de responsabilité et de neutralité.

Faut-il comprendre que les réseaux sociaux sont soudainement devenus malsains depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump ? En fait, les plus grandes plateformes (Facebook, YouTube, Twitter, etc.) tendent d'ores et déjà vers davantage de contrôle.

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Si Barack Obama estime aujourd'hui que "ce sont les contenus inflammatoires, polarisants qui attirent l'attention et encouragent la participation", il soulignait aussi l'existence de campagnes de sensibilisation et de mobilisation, rappelant notamment qu'il n'aurait "peut-être pas été élu" sans. Qu'est-ce qui a changé depuis ? Les réseaux sociaux servent toujours à la mise en avant de mouvements solidaires tels que le soutien aux Ouïghours, aux victimes d'attentats ou plus récemment à l'Ukraine. Ils contrôlent aussi certains contenus, censurant par exemple ce qui va à l'encontre du discours officiel quant à la politique sanitaire ou à la géopolitique, allant jusqu'à bannir... Donald Trump lui-même. Rappelons par ailleurs que Twitter a dernièrement instauré un système de "downvote" pour que les internautes (qui sont parfois des "bots" gouvernementaux) puissent signaler les contenus non pertinents afin qu'ils soient surveillés, voire supprimés.

Autrement dit, si certains parviennent encore à contourner la censure et partager leur avis, l'opinion publique allant à l'encontre des discours officiels est déjà invisibilisée. Si bien que de nombreux internautes migrent vers d'autres plateformes telles que Telegram, Odysee, VK, etc. Alors le problème est-il vraiment "ce que les plateformes promeuvent", sinon ce que les internautes veulent lire ?

Lire aussi : RT et Sputnik interdits en Europe? Et la liberté d'expression et d'information?

Aller plus loin encore dans le contrôle ne reviendrait-il pas à faire une croix définitive sur la "neutralité" que Barack Obama et Emmanuel Macron appellent de leurs vœux ?

Y a-t-il plusieurs libertés d'expression ?

D'autres puissances considèrent au contraire qu'il faut sauvegarder l'aspect libre des réseaux sociaux. Elon Musk, président de Tesla et accessoirement homme le plus riche du monde, a récemment défrayé la chronique en investissant massivement dans Twitter. Il assurait vouloir sauvegarder "la liberté d'expression à travers la planète", qui est "un impératif sociétal d'une démocratie fonctionnelle". Il avait par ailleurs fourni l'Ukraine en réseaux satellites Starlink, mais refusé de couper Internet aux Russes en se disant "désolé d'être un absolutiste de la liberté d'expression".

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