Jean-Jacques Sempé, dessinateur du “Petit Nicolas”, est mort à l’âge de 89 ans

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FranceSoir avec AFP
Publié le 12 août 2022 - 09:10
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Le dessinateur français Jean-Jacques Sempé, le 6 novembre 2019 à Rueil-Malmaison, près de Paris
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AFP/Archives - Martin BUREAU
Le dessinateur français Jean-Jacques Sempé, le 6 novembre 2019 à Rueil-Malmaison, près de Paris.
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Après René Goscinny, le "Petit Nicolas" perd son deuxième papa: le dessinateur français Jean-Jacques Sempé, connu également pour ses dessins de presse humoristiques, notamment dans le magazine New Yorker, est décédé jeudi à l'âge de 89 ans.

"Le dessinateur d'humour Jean-Jacques Sempé est décédé paisiblement ce soir (...) dans sa résidence de vacances, entouré de sa femme et de ses amis proches", a  indiqué Marc Lecarpentier, son biographe et ami.

Grand maître français de l'humour et de la poésie, mélange de dérision et de modestie, Sempé a tracé depuis les années 1950 jusqu'à aujourd'hui une œuvre pleine de bonhomie : des dessins pour le New Yorker et Paris Match aux albums du "Petit Nicolas". Sempé a été l'un des artistes les plus sollicités par le New Yorker avec une centaine de couvertures dessinées de sa main. Débutée en 1978, sa collaboration avec le célèbre magazine américain s'est poursuivie jusqu'en 2019.

Sempé était devenu dessinateur par hasard

Né en 1932 à Pessac, près de Bordeaux, le dessinateur a publié une cinquantaine d'albums dans sa carrière, "Saint Tropez", "Tout se complique" et surtout le "Petit Nicolas", vendu aujourd'hui à quelque 15 millions d'exemplaires.

Enfant naturel, battu et bègue, né dans un milieu pauvre, Sempé n'a pas vraiment eu l'enfance de son héros Nicolas qu'il fait grandir avec Goscinny dans une France idéalisée des années 1950.

Il avait embrassé la carrière de dessinateur par hasard, rêvant au départ  d’une carrière dans la musique. Toutefois, à l’adolescence, il s’était finalement pris d’amour pour le dessin et il a vendu ses premières planches en 1950 à Sud Ouest qu'il signe "DRO" (de "to draw", dessiner en anglais). En 2018, dans les colonnes du Monde, il avait fait cette confidence : « C’était plus facile de trouver un crayon et du papier qu’un piano… » Après quoi quitté l’école à l’âge de 14 ans, il était parvenu après-guerre à se frayer un chemin dans le milieu des dessinateurs de presse.

Depuis le "Petit Nicolas" qu'il a créé en 1959 avec René Goscinny (disparu en 1977), Jean-Jacques Sempé a publié quasiment un album par an et signé une centaine de Unes dans la presse.

Un autobus sur un pont traversant la Seine de nuit, des musiciens, des cyclistes, un cracheur de feu, des scènes à Central Park ou au Jardin du Luxembourg... Dans chacune de ses œuvres, on retrouve ses thèmes de prédilection: la petitesse de l'homme dans la nature, sa solitude dans la ville, ses disputes, ses ridicules et ses ambitions démesurées, les limites de l'esprit d'équipe.

Dans son dernier dessin, paru dans le numéro du 4 au 10 août de Paris Match et qui croque un peintre en plein exercice dans un décor champêtre, Sempé avait écrit: "Pense à ne pas m'oublier". Une œuvre ultime aux allures d'adieux prémonitoires.

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