Dans les stations françaises, la drogue s'invite aux fêtes après-ski


Après les pistes noires, une ligne de blanche. Dans les stations françaises, la drogue devient le moteur incontournable des fêtes après-ski. À Val Thorens comme ailleurs, la cocaïne et le cannabis sont en vente libre, et les dealers se frottent les mains en voyant arriver touristes et saisonniers.
Loin des pistes immaculées et des chalets de luxe, c'est une autre poudreuse qu'on apprend à connaître. Un skieur se fait attraper avec un joint en sortant d'un bar en pleine descente. "Je me suis fait avoir, c'est le jeu", lâche-t-il à l'AFP. Un constat qui en dit long sur le niveau de descente. Sur les pistes, la drogue se glisse entre les skis, alimentée par des dealers ciblant particulièrement les saisonniers, souvent épuisés. "Le mot tourne vite", confirme Zaini Lahrache, saisonnier de 22 ans. Cannabis et cocaïne sont omniprésents.
Les gendarmes, assistés de chiens renifleurs, multiplient les contrôles. "S'il y a quelque chose qui l'intéresse, elle marque", explique l'adjudante Lucie Tourezan à propos de la chienne Olympe. Mais l'ampleur du phénomène reste difficile à endiguer. Si les amendes pleuvent, elles ne sont que des solutions temporaires face à des pratiques bien ancrées dans la culture de certaines stations. Les tentatives de répression se heurtent à une réalité plus complexe : l'isolement géographique et l'accès difficile aux soins en montagne.
La situation est d’autant plus préoccupante que l'addiction frappe de plus en plus de travailleurs dans le milieu de la restauration, comme le souligne Ivana Obradovic, de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Mais au-delà des substances, c’est le système qui échoue : les conditions de vie et de travail des saisonniers, combinées à un environnement festif, les rendent particulièrement vulnérables. Résultat, ils sortent des pistes.
L'article vous a plu ? Il a mobilisé notre rédaction qui ne vit que de vos dons.
L'information a un coût, d'autant plus que la concurrence des rédactions subventionnées impose un surcroît de rigueur et de professionnalisme.
Avec votre soutien, France-Soir continuera à proposer ses articles gratuitement car nous pensons que tout le monde doit avoir accès à une information libre et indépendante pour se forger sa propre opinion.
Vous êtes la condition sine qua non à notre existence, soutenez-nous pour que France-Soir demeure le média français qui fait s’exprimer les plus légitimes.
Si vous le pouvez, soutenez-nous mensuellement, à partir de seulement 1€. Votre impact en faveur d’une presse libre n’en sera que plus fort. Merci.