L’ Ukraine, puissance nucléaire  : Victoire à la Pyrrhus de la stratégie britannique - partie 1 : la situation

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Etienne Bommier, France-Soir
Publié le 27 mars 2024 - 18:23
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L’ Ukraine, puissance nucléaire : Victoire à la Pyrrhus de la stratégie britannique - partie 1 : la situation
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L’ Ukraine, puissance nucléaire : Victoire à la Pyrrhus de la stratégie britannique - 58ème conférence sur la paix de Munich 19 février 2022 : « L’Ukraine va se doter de l’arme atomique » (Volodymyr Zelensky)

L’auteur de cette analyse en trois parties, Etienne BOMMIER, est entré à l’Ecole de l’air en 1975. Breveté pilote chasse, il a exercé sa première moitié de carrière au sein des escadrons de chasse de l’armée de l’air. Durant la deuxième moitié, il a été au fait de la conduite puis de l’inspection des opérations à l’état-major des armées. Il a aussi été professeur de stratégie militaire à l’Ecole de Guerre. En 2008 à l’heure de quitter l’uniforme comme colonel, il entre dans l’industrie chez Alstom Hydro Power (AHP). Directeur de projet, il travaille trois ans sur les projets AHP en Russie. Il est basé à Moscou. Il est rapidement nommé responsable du « Business development », ce qui lui permet de rencontrer de nombreux bureaux d’études, des sous-traitants Russes, des chefs de centrales hydroélectriques à Norilsk, à Irkutz, à Saratov etc, mais aussi dans les anciens pays de l’URSS Kirghizistan, Kazakhstan, Ouzbékistan, Arménie, Géorgie, Ukraine, Belarus etc. Il a acquis une connaissance de la culture du travail dans ce monde et porte une appréciation fondée sur l’expérience de terrain. Il trouve d’ailleurs qu’il y a beaucoup de similitudes entre la conduite d’une opération militaire et celle d’un grand chantier. D’un côté on parle de situation et d’ordre de bataille (ODB) quand de l’autre on parle contrat et annexes, règlements des industries, coutumes locales, normes ... De tous les côtés, les objectifs doivent être clairs et toujours bien compris et acceptés de tous. Il y a réussite quand tout le monde y trouve son compte, sinon il y a échec quand les deux parties jusqu’auboutistes vont, de jure et de facto, jusqu’à leur propre anéantissement par des combats sans issue, avec leurs lots de destructions ou par des actions en justice qui pourrissent toutes les belles choses qui ont été faites auparavant.

Cette long analyse est articulée de la façon suivante. Une première partie décrit la situation, puis une seconde, la manœuvre des Britanniques et des Américains. Enfin, la troisième décrit ce qui pourrait être l’état final à long terme.


Un objectif de longue date à l’ouest : réduire la Russie

La manœuvre sourde de « containment » (endiguement en français) contre la Fédération de Russie (Russie ou Ru) lancée en 2000 pour réduire la puissance de cet « État-continent » que fut l’URSS, a d’abord poussé les Américains à faire refluer l’industrie nucléaire - industrie phare de la Russie - à l’intérieur de ses frontières et à proposer aux pays de l’Europe de l’Est sortis du giron soviétique à basculer définitivement à l’ouest en entrant dans le système de défense de l’Europe par une OTAN élargie.

Mais l’idée de faire rentrer dans l’OTAN une république socialiste qui fut constitutive de l’Union soviétique, l’Ukraine, avec tout son potentiel économique, industriel mais surtout nucléaire, induit des conséquences géopolitiques difficilement imaginables, et engage tout le monde occidental continental qui ne demande peut-être pas une telle ouverture avec tant de fermeté. Les cas de la Géorgie et de la Moldavie relèvent aussi d’une logique de réduction de la puissance de la Russie mais sont très différents car ces deux pays n’ont pas la culture du nucléaire comme l’Ukraine. Il faut néanmoins ne pas méconnaître qu’en Transnistrie se trouvait le plus grand dépôt de munitions de l’armée soviétique face à l’OTAN, et ce dépôt existe toujours en 2024 ; il est gardé par une force russe de plus de 1000 hommes.

Aujourd’hui il y a une guerre en Ukraine qui ne finira que si les belligérants et leurs soutiens admettent un état final qui préservera du pire. « Containment », intérêts économiques perspectives de destructions massives devront faire bon ménage avec l’éventualité d’une Ukraine devenue puissance nucléaire contraire aux dispositions du traité de Budapest de 1994.

La parole de l’Ukraine

L’Ukraine de Staline est une mosaïque de peuples d’origine différente pour former un peuple nouveau. En associant les « Malorossia » et « Novarossia » de la Grande Catherine à des territoires situés plus à l’ouest à culture polonaise, ou hongroise voire roumaine, Staline crée une Ukraine (i.e. marche de l’empire) hétérogène puisque les populations de Malo et Nova Rossia sont des Russes envoyés au XIX° pour occuper ces vastes territoires alors que celles de l’ouest sont des autochtones. Staline brasse les populations, mais la géographie demeure. Les richesses sont en Malo et Nova Russia, en moindre proportion au centre historique (rive droite du Dniepr, ville de Kiev), tandis que l’ouest est beaucoup plus pauvre. Classiquement, cette région de l’ouest regardera vers l’occident et fournira les fonctionnaires et les forces de l’Etat. C’est pourquoi, connaître l’origine géographique d’un dirigeant de l’Ukraine permet d’anticiper ses engagements politiques.

Leonid Kravtchouk, Premier secrétaire du parti communiste ukrainien, annonce en interne le 16 juillet 1990 que la république d’Ukraine soviétique va être indépendante et neutre, et n’appartiendra à aucun autre bloc militaire. Après le putsch manqué des 18 au 21 août 1991, le pouvoir est vacant à Moscou durant quelques jours. Profitant de cette situation instable et sous l’impulsion de quelques leaders charismatiques, plusieurs républiques soviétiques déclarent rapidement leur indépendance sans concertation avec le Comité central du PCUS. L’Ukraine fait de même le 24 août 1991 en précisant qu’elle ne rentrerait dans aucun bloc militaire. Tout en acceptant cette indépendance, la Russie demande à l’OTAN de reconnaître cette neutralité de l’Ukraine mais n’obtient pas de réponse. Le 1er décembre l’Ukraine déclare son indépendance pleine et entière sans toutefois inscrire dans sa constitution sa neutralité militaire tout en y faisant référence dans ses attendus. L’Ukraine ne se déclare pas non plus « République », à l’image de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis d’Amérique.

Leonid Kravtchouk dont les origines familiales sont en Pologne, habite Lviv. Il est fondamentalement « Occidental minded ». Malgré son passé d’apparatchik, il est élu président de l’Ukraine le jour même de l’indépendance. Le 8 décembre 1991, l’Ukraine signe avec la Russie et le Belarus l’accord qui donne naissance à la Communauté des Etats indépendants (CEI), que huit autres ex-républiques cosignent la semaine suivante. Les signataires de cet accord s’arrangent sur la succession politique de l’URSS à l’exception de l’ex-armée soviétique qu’ils conviennent de laisser sous un commandement unique.

Leonid Kravtchouk se hâte, aussitôt élu, de proclamer la création de l’armée ukrainienne contrairement à ce qu’il avait convenu quelques jours auparavant. Les 300 000 soldats soviétiques stationnés sur le sol ukrainien, toutes nationalités confondues, sont sommés de déclarer leur fidélité à l’Ukraine. L’amiral Igor Kosatonov commandant la flotte de la mer Noire s’y refuse, mais le 3 août 1992, la Russie signe un accord de séparation des flottes : 17% pour l’Ukraine et 83% pour la Russie. Plus tard, le 23 mai 2002, le président Koutchma successeur de Kravtchouk déclarera vouloir adhérer à l’OTAN à l’encontre des attendus de la constitution votée onze années plus tôt.

Depuis le jour de son indépendance en 1991, la parole de l’Ukraine est prise en défaut à plusieurs reprises, que ce soit sur sa neutralité politique, son armée, son appartenance à un bloc militaire, ou son désir d’adhésion à l’OTAN. Il en sera de même sur le plan de son avenir nucléaire de défense réduit à zéro en application de l’accord de Budapest signé en décembre 1994. Ce dernier point est fondamental : accepter de rendre les armes nucléaires à la Russie sous pression russe, américaine et britannique a été vu comme une trahison du président Kravtchouk par l’ensemble du peuple ukrainien.

En l’an 2000 l’Europe décide de construire un centre souterrain de dépôt de ses déchets nucléaires à 15km de la centrale de Tchernobyl. En 2007, l’Europe (BERD et équipe industrielle conduite par la France) est écartée du projet et est supplantée par les Américains (Holtec et finances américaines) sans explication de la présidence de Kiev. Concomitamment Kiev laisse Westinghouse s’imposer dans les centrales ukrainiennes pour le remplacement progressif des barres de combustibles livrées à l’origine par Rosatom. Sauf que sur le plan de la prolifération, Westinghouse ne reprend pas les barres usagées contrairement à Rosatom ce qui laisse le loisir aux Ukrainiens de récupérer à l’avenir les produits de fission de ces barres dans ce dépôt de Tchernobyl en cours de réalisation. Ainsi, sous couvert d’une action commerciale juteuse de Westinghouse, il y a une vraie action de stratégie pour repousser l’influence Russe plus à l’est en réduisant son marché, et pour donner indiciblement à l’Ukraine la possibilité de redevenir la puissance nucléaire qu’elle n’est plus depuis 1994. Ainsi l’Ukraine serait définitivement arrachée au monde Russe.

En outre, n’appartenant ni à l’Europe ni à la Russie, l’Ukraine est un espace ouvert à tous les trafics que ses ports sur la mer Noire servent avantageusement, et au développement d’activités interdites par la Russie et par l’Union européenne.

Retour sur les événements de Maidan en 2014

En décembre 2012 la Russie projette la constitution d’une Union Economique EuroAsiatique (UEEA) qui s’étendrait sur une très grande partie de l’ancienne URSS et ouvrirait la voie à des accords avec des partenaires asiatiques. A l’image de l’UE, l’UEEA aurait aussi une commission. La secrétaire d'État Hillary Clinton déclara aussitôt : « Cela ne portera pas le nom d'URSS. Cela portera le nom d'union douanière, d'Union économique eurasiatique, etc., mais ne nous y trompons pas. Nous en connaissons les buts et nous essayons de trouver le meilleur moyen de le ralentir ou de l'empêcher ». La confrontation Ru Vs US est sous-jacente.

Le 21 nov 2013, un an plus tard, le président Ianoukovytch (Ukrainien de l’Est) refuse de signer l'accord d'association qui lui est proposé par l'UE. Irrités par cette décision, des Ukrainiens venant principalement de l’Ouest et du centre de l’Ukraine viennent à Kiev manifester place de l’indépendance (Maidan). Pour leur donner ampleur et consistance, on parle d’un octroi jusqu’à 100$ par jour à chaque manifestant.

Le 17 déc 2013, les Russes proposent à l’Ukraine de rejoindre l’UEEA avec pour éléments de conviction du gaz à coût réduit de 60% et 15 G$ d’aide. Comme l’économie de l’Ukraine indépendante est exsangue et que les propositions russes sont plus favorables que celles de l’UE, le président Ianoukovytch signe cet accord économique proposé par Poutine sans toutefois signer l’union douanière.

Vitali Klitschko ancien champion de boxe, et Arseni Iatseniouk, un des chefs de file de l’opposition, parlent d’une Ukraine mise à gage par le président Ianoukovytch. Ils haranguent les manifestants pour qu’ils poursuivent l’occupation de Maidan. L’accord est dénoncé par les US qui pressent le président ukrainien Ianoukovytch « à trouver le moyen de rétablir un cheminement vers l'avenir européen pacifique, juste, démocratique et prospère ». John McCain ancien candidat à la présidence des USA fait le déplacement jusqu'à Maidan pour soutenir les manifestants.

Le président Ianoukovytch fait venir à Kiev des Ukrainiens de l’Est, de son Donbass d’origine. L’affrontement entre les manifestants de l’Est contre ceux de l’Ouest devient inévitable. L’armée ne bouge pas malgré les ordres donnés par le président d’intervenir. On voit en outre des manifestants armés et quelques forces spéciales dans la rue.

Le 22 février 2014, le président Ianoukovytch quitte discrètement Kiev vers Donetsk via Kharkiev, puis se retrouve à Rostov/Don. Le secret de son départ ne tient pas longtemps. En chemin il est victime d’un attentat.

Le 23 février 2014, due à la vacance de la présidence, Alexander Tourtchynov président de la RADA est nommé président provisoire. Une élection présidentielle annoncée pour le 25 mai.

Le 28 février 2014, la Crimée est occupée par les Russes. Le 11 mars, le président Ianoukovytch apparaît à la TV pour dire qu’il est toujours le président élu. Il dénonce les manifestations de Maidan qu’il qualifie de coup d’Etat.

Des manifestations éclatent dans le Donbass et d’autres régions au sud et à Odessa. Les manifestants réclament une Ukraine fédérale, la langue russe comme deuxième langue officielle. Il n’y a aucune requête de séparatisme.

Le 7 avril, Alexander Tourtchynov décide de faire intervenir l’armée dans le Donbass. Le 14 avril des unités de l’armée attaquent le Donbass dans une opération présentée comme antiterroriste. Elles s’affrontent avec des paramilitaires du Donbass.

Le 2 mai à Odessa à l’occasion d’un match de foot entre Odessa et Kharkiv, des supporters s’invectivent en centre-ville. Mais d’autres amateurs de foot venus de Kiev viennent envenimer les altercations. Les manifestants campant sur la Place Grecque, place centrale d’Odessa, sont les victimes désignées de ces derniers. Ils se sauvent et se réfugient dans le Bâtiment des Syndicats qui est incendié. On déplorera 48 personnes brûlées vives et des tués par balles à l’extérieur. Une enquête sera faite mais ne débouchera sur aucune inculpation sérieuse.

Ce drame du 2 mai fait monter la tension à l’est qui suspecte Kiev (l’ouest) de ce massacre. Les 11 et 12 mai quelques jours avant l’élection présidentielle, les autorités du Donbass organisent un referendum sur la souveraineté des oblasts de Donesk et de Lubansk. Les résultats sont conspués par l’UE et les US. La guerre civile éclate.

Une dialectique des volontés

Depuis 2014, la Russie lutte militairement contre ce containment en menant en Ukraine des opérations de soutien militaire aux irrédentistes du Donbass alors qu’elle devait en garantir les frontières selon le premier accord de Minsk de 1991. L’Ukraine s’y oppose, envoie des troupes et bombarde. 1 million de soldats ukrainiens auraient fait une période militaire dans le Donbass de 2014 à 2022, et 15.000 personnes auraient été tuées dans ces combats fratricides Russo-ukrainiens de l’Ouest, Ukrainiens de l’Est et du sud soutenus par la Russie.

En 2021, après sept années de guerre dans le Donbass et dans un esprit illusoire de « soft power », les Etats-Unis demandent à la Russie de mener des discussions sur l’avenir de l’Ukraine:

  • le 16 juin 2021, lors d’une rencontre à Genève, Joe Biden parle à Vladimir Poutine d’un avenir de l’Ukraine dans l’OTAN ;
  • le 12 juillet 2021, Vladimir Poutine rappelle dans un article de presse les racines unies des peuples Russe et ukrainien ;
  • en octobre et novembre 2021, M. Berns, chef de la CIA fait des allers/retours entre Kiev et Moscou sans aboutir manifestement à une solution qui satisfasse les parties.

C’est alors que :

  • le 17 décembre 2021, Vladimir Poutine envoie une lettre officielle qui est publiée concomitamment dans la presse, à son homologue américain Joe Biden et précise sa position ultime : retour de l’OTAN sur les frontières de 1997 ;
  • le 18 décembre 2021, les USA reconnaissent avoir reçu cette lettre qui ressemble à un ultimatum et demandent à la Russie de classifier les discussions qui vont suivre ;
  • le 30 décembre 2021, Vladimir Poutine appelle Joe Biden : ce dernier rejette l’ultimatum russe.

Une logique de confrontation s’engage inexorablement entre Moscou et Washington, par Ukraine interposée :

  • le 1er janvier 2022, l’Ukraine interdit aux navires russes de passer dans ses eaux territoriales ;
  • le 8 février 2022, une tentative de coup d’État au Kazakhstan amène Moscou à intervenir avec 2000 hommes, en suspectant une manœuvre de diversion de l’occident.
  • Le 19 février 2022, le président de l’Ukraine Volodymyr Zelensky annonce lors de la 58ème conférence internationale de Munich, que son pays va sortir de l’accord de Budapest 1994, que l’Ukraine va se doter de l’arme atomique ce qui revient très exactement à préparer la guerre contre la Russie. Il s’inquiète de la menace nucléaire qui pèse sur l’Europe.

Le 24 février 2022, la Russie fait entrer ses armées en Ukraine, vers Kiev, vers Tchernobyl, dans le Donbass et à Odessa. Lviv est cependant préservée. L’ensemble de la manœuvre russe avait manifestement été anticipée par les Américains et les Britanniques, lesquels ont su avertir et doter les armées ukrainiennes en temps utiles pour qu’elles puissent s’opposer avec efficacité aux forces russes. Doublés, les Russes accusent l’OTAN de lutter en sous-main contre cette « opération spéciale ». C’est évidemment un raccourci au service de la propagande. Côté occidental, on s’étonne en revanche du manque de connaissance et de clairvoyance des services de renseignement, autres que britanniques et américains.

Système centralisé Vs plan Marshall

À l’époque soviétique, Moscou cherchait à tirer profit de « l’avantage comparatif » de chaque république, non pas sur la base d’un marché libre entre ces dernières, mais dans le cadre d’une politique centralisée et administrée. Quelques exemples peuvent l’illustrer :

  • les réseaux électriques étaient transfrontaliers. Ils amenaient l’énergie là où le besoin était. Au nord du cercle polaire, à Norilsk, on produisait de l’énergie hydroélectrique qui était convoyée sur des milliers de kilomètres vers les mines de nickel de Sibérie. Une société, NorNickel, maîtrisait l’ensemble de la chaîne de la production de l’électricité à la fonderie ;
  • l’Ouzbékistan produisait du coton en prélevant l’eau des Syr-Daria et Amu-Daria que les Tadjikistan et Kirghizistan ne devaient pas prélever en amont. Cette culture intensive du coton a asséché la mer d’Aral en aval, mais il y avait du coton pour tous ;
  • l’électricité que produisait la station électrique de Toktogul au sud du Kirghizistan, transitait par le Tadjikistan et l’Ouzbékistan avant de finir au nord du Kirghizistan, Himalaya oblige. Aujourd’hui, le Kirghizistan dépend de la bonne volonté de ces mêmes voisins pour être payé de ce qui est prélevé au passage et pour amener son énergie dans le nord de son propre pays ;
  • la construction du réservoir de Kakhovka en Ukraine était lancée en 1950 pour édifier la centrale nucléaire de Zaporiija et lancer un canal d’alimentation en eau potable de la Crimée située en Russie à cette époque.

La politique communiste pratiquée pendant soixante-dix années a rendu les anciennes républiques de l’URSS très dépendantes les unes des autres du fait des réseaux d’infrastructure. La dislocation de l’URSS a privé ce vaste ensemble de son système de pilotage, générant inefficiences, voire antagonismes. Depuis, le Kremlin ne cesse de vouloir restaurer une autorité politique supérieure, à son profit évidemment. Côté occidental, la solution paraît toute autre, à savoir déconstruire les interdépendances économiques subsistantes au service des autorités politiques nationales, quitte à redessiner les réseaux d’infrastructure qui les sous-tendent.

Un immense plan Marshall se dessinerait alors. D’où les jeux politiques actuels joués par les USA dont les finalités économiques complètent la volonté politique de la Grande-Bretagne de réduire le potentiel russe et la poursuite d’un idéal démocratique voulu par les partenaires européens. Pour ce faire, l’instrumentalisation de la corruption par les Etats-Unis s’est avérée être une arme redoutable à l’intérieur même du camp occidental, contre la France et l’Allemagne notamment.

Partie 2 à suivre.

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