Législatives 2022: représentation médiatique, assemblées citoyennes, vaccination… quatre candidats novices se présentent (2)

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FranceSoir
Publié le 09 juin 2022 - 16:46
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Revue 2 des candidats aux élections législatives
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(G-D) : Sophie Tissier, Marie-Elisabeth Canaud, Christine Michalet, Amine Umlil sont candidats aux élections législatives.
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LÉGISLATIVES : REVUE DE CANDIDATS [2] — Il ne reste plus que trois jours avant le premier tour des élections législatives. La parole est donnée à quatre candidats qui viennent de bords politiques différents, se présentant parfois sans étiquette, pour faire face à la majorité présidentielle "Ensemble !". Peu représentés par la presse nationale, ils dénoncent également un manque de parité avec les autres partis politiques.

Première partie des entretiens : "Législatives 2022: libertés, santé, pouvoir d'achat... Cinq candidats novices se présentent"

 

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Amine Umlil : Je suis candidat dans la 4ᵉ circonscription de la Vendée, pour Debout la France. Je suis un pharmacien et praticien des hôpitaux, depuis plus de vingt ans, et également responsable de la pharmacovigilance à l'hôpital public de Cholet. Ma candidature fait suite à toute l’information que j’ai diffusée dans le cadre de ma fonction. J’ai été contacté par l’ancien candidat à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, pendant la campagne. Juste avant les élections législatives, le référent de Debout la France m’a proposé de me présenter sous l’étiquette du parti. Cependant, je clame mon indépendance. J’ai rejoint ce groupe, car nous sommes liés sur plusieurs thématiques comme l’annulation de l’obligation vaccinale contre le covid et la réintégration des soignants. Je demande également le remboursement de leurs revenus perdus depuis le 15 septembre.

Voir aussi : "Aujourd’hui, il n’y a pas de contre-pouvoir" Dr Amine Umlil.

Je suis Christine Michalet, non-inscrite, candidate dans la 3e circonscription de Paris. Je suis directrice des ressources humaines et de la transformation. Dans mon métier, je me focalise sur l’humanité des gens. Ma candidature veut porter un projet informatif pour permettre d’impliquer les personnes dans la vie politique en apportant de la transparence, de la confiance. C’est d’ailleurs ce que je fais déjà dans mon métier. Souvent, on me dit "ne va pas parler aux syndicats, car sinon ils vont trouver la faille et se l’approprier contre toi". Je leur réponds que je leur dis tout ce que je sais dès l’instant où je le sais, ensuite nous en discutons, c’est comme cela que se créer la confiance.

Sophie Tissier : Je suis candidate pour l'Union citoyenne pour la Liberté, dans la 10ᵉ circonscription de Paris. Je suis une activiste depuis neuf ans, j’ai d’abord créé un réseau militant pour défendre les droits des précaires et des intermittents. En 2013, j’ai fait une intervention à la télévision pour dénoncer publiquement que dans les services de l'audiovisuel, ils précarisent les salariés pour les maintenir sous pression. Je suis aussi à l’origine de Nuit Debout, j’ai été très impliquée dans les Gilets jaunes, puis dans les manifestations contre la politique sanitaire du gouvernement. Je refusais d’entrer en politique parce qu’on devait se conformer. J’ai tout de même décidé d’y entrer, car je voulais m’exprimer et avoir de la visibilité pour ne plus être autant censurée, comme le sont les activistes citoyens indépendants des partis.

Voir aussi : À Paris, un événement organisé pour soutenir "150 collectifs de soignants suspendus"

Marie-Elisabeth Canaud : Candidate citoyenne sans étiquette de la première circonscription de l'Aube. Je suis une enseignante, maitresse de CP et mère de sept enfants. J’ai été à la tête des manifestations anti-pass de mon département, et organisatrice et porte-parole du convoi de liberté. Pour moi, être dans un parti, c'est être au service de certains, au détriment des autres, et ne voir bien souvent dans cette fonction qu’une ascension professionnelle. Comme je le dis, je suis une citoyenne engagée par conviction.

Dessin Ara@ARA

 

Comment qualifiez-vous la situation locale en vue des élections législatives ?

Christine Michalet : J’ai Stanislas Guérini dans ma circonscription (nouveau ministre de la Transition et de la Fonction publique), c’est une lutte hautement politique entre le faire partir et mettre Jean-Luc Mélenchon en premier ministre (rires). L’enjeu est aussi d’attirer les hésitants aux urnes. En 2017, il y a eu 60 % d’abstentionnistes dans ma circonscription. 

Sophie Tissier : Localement, nous avons 18 candidats, ce qui est beaucoup. La candidate sortante est une députée de la macronie, elle est établie, c’est Anne-Christine Lang. Elle représente ce contre quoi nous luttons : cette docilité avec Emmanuel Macron, sans avoir fait de proposition de loi en cinq ans.

Amine Umlil : Je ne m'occupe pas des autres. J’ai un programme : c’est l’annulation de l’obligation vaccinale, la situation actuelle de l’hôpital public, et la désertification médicale… Tout le monde dit qu’il y a cette désertification, à cause, du numerus clausus. Pour moi, le problème c’est la répartition des médecins sur le territoire.

Marie-Elisabeth Canaud : Au niveau local, c'est assez difficile à dire. Il s’agit d’une circonscription très rurale avec plus de 200 communes. Je dois avouer que cela se passe extrêmement bien, l’accueil se déroule très bien au niveau des particuliers, au niveau des commerces, ils acceptent sans hésiter de laisser à disposition des flyers. Cela reste difficile à vivre de s’apercevoir que beaucoup de concitoyens vivent dans des situations financières compliquées. Lors de l’élection présidentielle, beaucoup ont voté pour le Rassemblement national.

 

Comment se déroule votre campagne électorale ?  

Amine Umlil : Je remarque que nous ne sommes pas logés à la même enseigne que les grands partis. Par exemple, France 3 a choisi d’inviter certains candidats et pas d’autres. Donc moi, je fais des conférences pour diffuser mes idées. J’en ai fait à Cholet, en Vendée. 

Christine Michalet : Avec les habitants, je leur explique mon intention de discuter avec tout le monde, de faire émerger divers points de vue et de se rassembler ensuite. Quand on me dit que cela est utopique, je réponds que c’est l’engagement de la France. C’est une forme d’éducation populaire. J’explique aux gens comment cela marche. Aussi, les habitants au sein d’ateliers m'écrivent pour me dire comment ils aimeraient que j'exerce pendant mon mandat de députée. 

Sophie Tissier : C’est une circonscription où il y a beaucoup de quartiers populaires, nous avons la Butte-aux-Cailles, avec des gens profondément dégoutés de la politique. Ils ne veulent pas en entendre parler. Quand je leur dis que nous sommes de nouveaux candidats, ils sont contents que je tracte moi-même avec mon groupe de huit personnes. C’est beaucoup de travail, les procédures administratives pour présenter un parti aux législatives sont très chronophages. Il y a des cafés restaurants qui collent mon affiche. Je suis toujours très bien accueillie. Il y a des gens qui arrachent les affiches, évidemment. Niveau médiatisation, en revanche, je suis choquée. Les médias de masses ne viennent pas nous voir. France Télévisions nous avait promis, mais aucun ne s’intéressent à nos candidatures. 

Marie-Elisabeth Canaud : Nous n’avons aucun relai médiatique. Lors du débat organisé au niveau de la chaîne locale, le temps de parole accordé était seulement de trois minutes. 

 

Quel est votre historique d’engagement ?  

Amine Umlil : J’ai découvert les pratiques politiques depuis le début des années 2000. Quand j’ai découvert cela, j’ai choisi de ne plus aller dans un bureau de vote. J’avais expliqué pourquoi j’étais devenu abstentionniste. Pour moi, la politique c’est quand on met le bulletin dans l’urne et qu'ensuite il y a les représentants qui ne sont pas à l’écoute, je ne me sens pas représenté. Ça a été un bel exemple ces dernières années, avec les élus qui n’écoutaient pas les professionnels de santé. En science politique, les élections, on les appelle le "carnaval électoral". Les élections sont biaisées. Je suis revenu voter pour la dernière élection présidentielle parce que l’enjeu était trop important. 

Voir aussi : Vous semblez loin de la réalité du terrain": la lettre d'Amine Umlil au Conseil d'État

Christine Michalet : Je suis passionnée par la politique depuis que j’ai dix ans et j’ai toujours eu ce goût pour les discussions calmes et sans haine, même si l’on ne défend pas le même parti. Ma candidature est un mélange de ces éléments. Le métier des ressources humaines est parfois mal vu parce qu’on est la personne qui licencie les personnes pour qu’elles quittent l’entreprise. Pour moi, tout dépend de l’intention que l’on a. J’ai vécu une histoire où j’ai dû me séparer d’une employée qui allait partir. Elle nous a attaqué aux Prud’hommes, et c’est le responsable d’un syndicat qui m’a défendu en disant que j’avais tout mis en œuvre pour proposer la meilleure porte de sortie. Il a fait cela parce que j’avais été transparente de bout en bout.

Sophie Tissier : Comme je l’ai dit, je suis à l’origine de Nuit debout où nous avions occupé la place de la République en 2016 pour protester contre la loi Travail qu’Emmanuel Macron avait rédigée à l’époque. Quand il y’a eu les Gilets jaunes, je me suis engagée dès les premières manifestations. J’ai souhaité déclarer les manifestations pour avoir des rassemblements légaux et pacifistes. J’ai continué après (les Gilets jaunes), j’étais la première en novembre 2020, à organiser des manifestations contre l’État d’urgence et contre les politiques sanitaires liberticides du gouvernement. J’ai fait lever trois arrêtés d’interdiction de manifester et j'ai battu le préfet de police de Paris. 

Marie-Elisabeth Canaud : D’abord, je me suis vraiment réveillé lorsque l’on a imposé le masque aux enfants. Pour moi, c’était complètement fou. Je voulais les sauver de cette maltraitance purement institutionnelle. Au niveau de l'instauration du pass, cela est complètement contraire aux libertés individuelles, et relève de la discrimination. Au niveau de la vaccination, ce n’est pas une question d’être "antivax", nous n'avons simplement pas de vision à moyen et à long terme. Quel intérêt de vacciner des enfants qui ne présentent pas de risques, quand les personnes les plus à risques sont celles de plus de 80 ans, ou celles qui présentent de lourdes comorbidités ?   

 

Si vous êtes élu(e), comment comptez-vous vous engager pour les cinq prochaines années ?  

Amine Umlil : Si je suis député, je m’exprimerai sur les sujets de la santé. Par exemple, si l’on prend l’obligation des onze vaccins pour les enfants, la proposition avait été votée avec seulement 13 députés présents, donc je serai présent. Je serai un relai sur les sujets de santé, il y aura un suivi des actions et de la transparence avec la population. Si je vois que pour toute question d’intérêt général qui serait bénéfique, je serai prêt à soutenir ce projet, je ne serai pas dans l’opposition systématique.

Christine Michalet : Je serai une députée qui fait le lien, c’est-à-dire le lien entre les instances politiques, entre les institutions et toutes les parties prenantes qui sont sur le terrain. Ce qu’il faut changer c’est qu’aujourd’hui on considère qu’un programme, c’est donner du poisson aux gens alors que pour moi, j’ai envie d’apprendre à pêcher. Alors, c’est vrai, j’ai envie qu’ils pêchent comme moi (rires) mais l’essentiel, c'est qu’ils pêchent et qu’ils soient responsables de leur choix, pour qu'ensuite ils récupèrent la puissance d’agir. 

Sophie Tissier : L’une des grandes revendications est de faire changer la Constitution pour réguler la finance, l’économie de marché et protéger le droit à l’information et les droits humains fondamentaux, notamment la liberté de se soigner comme on veut. L’État n’a aucun droit de s’immiscer dans les choix de santé. On a un programme de douze mesures disponibles sur le site de l’Union Citoyenne pour la Liberté. On veut que chaque commune mette en place des agoras citoyennes qui seraient des assemblées citoyennes, pour qu'elles soient des lieux de débat, où les gens peuvent se parler et exercer la démocratie.

Marie-Elisabeth Canaud : Je souhaite être un vrai porte-parole des citoyens en défendant tout d'abord, le référundum d'initiative citoyenne (RIC), par le biais aussi de rencontres citoyennes plus régulières et enfin par l'organisation de référundums de circonscription pour tous les sujets que j'aurai à voter à l'Assemblée nationale. Mon ambition est d'agir avec bon sens et bienveillance en toutes circonstances et de redonner confiance aux électeurs dans leurs élus.

 

Pour rappel, les élections législatives ont lieu les 12 juin (premier tour) et 19 juin (second tour) prochains.

Amine Umlil, candidat dans la 4ème circonscription de la Vendée :

Twitter : @amine_umlil

Christine Michalet, candidate dans la 3ème circonscription de Paris :

Site : http://avecchristine.fr

Sophie Tissier, candidate dans la 10ème circonscription de Paris :

Site : Union citoyenne pour la liberté

Marie-Elisabeth Canaud, candidate dans la 1ère circonscription de l’Aube :

Site : https://legislatives2022.canaud.fr

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