6 effets du cannabis sur le cerveau

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Publié le 22 août 2022 - 09:00
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Haschich, pétard, beuh, joint, ganja, marijuana, weed… les surnoms donnés au cannabis ne manquent pas. Sa consommation est très répandue aujourd’hui en France, en particulier chez les jeunes. L’ampleur de son usage fait que la question de sa régularisation revient régulièrement dans le débat public. Certains voulant que la France suive le chemin emprunté par d’autres pays comme les Pays-Bas. D’autres voulant que sa consommation reste strictement interdite. Au-delà des problèmes liés au trafic que pose sa consommation, il convient de ne pas négliger son impact sur la santé des consommateurs, car loin d’être un produit anodin, le cannabis a des effets délétères pour la santé, en particulier sur le cerveau humain.


Le cannabis, la drogue la plus consommée en France

Les chiffres publiés régulièrement par L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) et Santé publique France indique que le cannabis est le produit illicite le plus consommé en France puisqu’il représente environ 80% de la consommation totale de drogues. Sa consommation est donc loin devant celle d’autres drogues comme l’héroïne, l’ecstasy, le LSD, la cocaïne, etc.

Un peu moins de la moitié des Français adultes aurait déjà consommé du cannabis. Après avoir fortement augmenté, cette consommation s’est stabilisée ces dernières années. Elle est plutôt masculine puisque 5 hommes sur 10 ont déjà consommé du cannabis au cours de leur vie contre moins de 4 femmes sur 10. À noter également que les jeunes Français de 16 ans sont les champions d’Europe de la consommation de cannabis alors qu’en France, sa consommation comme sa possession sont toujours interdites.

 

Un effet de bien-être recherché par les consommateurs

Les effets neuropsychiques du cannabis apparaissent environ 15 à 20 minutes après avoir été consommés et peuvent durer plusieurs heures.

Ces effets sont en général un état euphorique associé à un sentiment de bien-être. À cela s’ajoutent des perceptions tronquées, un possible état de somnolence, des difficultés à coordonner ses mouvements, et un déficit des réflexes et de l’attention.

Le temps de réaction et les effets dépendent bien entendu de la tolérance du consommateur (liée notamment à son poids, à son âge et à son sexe), ainsi que de la qualité du produit, et de s’il a absorbé ou non d’autres drogues ou de l’alcool en plus du cannabis.

 

Une substance qui affecte le cerveau humain

L’usage répété de cannabis est loin d’être anodin. Il a des effets néfastes en particulier sur le cerveau des consommateurs réguliers. Un usage répété et intensif peut altérer à moyen terme les capacités de mémorisation, de concentration, et d’apprentissage de l’individu et peut entraîner chez lui des troubles psychologiques. Cela est dû au fait que la consommation régulière affecte les processus chimiques qui se déroulent dans le cerveau et qui sont responsables de différentes fonctions (plaisir, concentration, mémoire…). En effet, le principe actif du cannabis, le THC, a une action qui peut être délétère pour notre système nerveux central.

Dans notre cerveau se trouvent des cellules nerveuses appelées neurones. Ces neurones sont chargés de la circulation des informations au sein de notre organisme, et entre notre environnement et notre organisme.

La transformation de l’information d’une cellule nerveuse à une autre, c’est-à-dire entre nos neurones, se fait par le biais des neurotransmetteurs, qui jouent le rôle de véritables messagers chimiques. Les neurotransmetteurs utilisent les synapses, la zone située entre deux neurones, pour circuler et ainsi transmettre de l’information.

Ces informations étant à l’origine de nos pensées, de nos humeurs, de nos sensations, et de nos souvenirs, un changement impactant les neurotransmetteurs vient forcément troubler la façon dont notre corps fonctionne.
Or, c’est précisément ce que la consommation de cannabis fait : elle impacte les neurotransmetteurs situés dans notre cerveau. Le THC perturbe la circulation des messagers, et ce faisant, il perturbe le fonctionnement normal de l’individu.

 

Une consommation qui peut amener à une dépendance

S’il n’est pas consommé régulièrement, le cannabis ne semble pas développer une accoutumance chez le consommateur. Cependant, les personnes qui le consomment régulièrement peuvent devenir dépendantes du produit. Ce serait le cas pour environ 5 à 10 % des consommateurs réguliers. Il a en effet été démontré scientifiquement que le THC présent dans le cannabis peut augmenter la production de dopamine dans le cerveau.

Basiquement, on parle de la dopamine comme de l’hormone du plaisir. En fait, cela est un peu plus complexe. La dopamine intervient aussi sur la gratification, le sommeil, la mémorisation, et la motricité par exemple. Mais il est vrai que la dopamine joue un rôle essentiel sur le plaisir ressenti par un individu.
Le problème avec la dopamine, c’est qu’elle peut être impliquée dans des problématiques de dépendance si sa production est stimulée en excès par l’intermédiaire du jeu, de l’alcool, de la pornographie ou de drogues comme bien entendu le cannabis.

Ce dernier en effet, lorsqu’il est consommé régulièrement et à forte dose, provoque une stimulation trop importante de dopamine, ce qui déclenche un effet addictif pour l’organisme. Par la suite, l’individu ressent donc un manque s’il ne consomme plus sa dose. Les solutions pour se sevrer du cannabis sont nombreuses, la clinique-e-sante propose des solutions adaptées pour toutes personnes dépendantes.

 

Altération de la mémoire

Parmi les troubles les plus fréquents décelés chez les consommateurs réguliers, les troubles de la mémoire, mémoire à court et à long terme, sont souvent évoqués.
Le cannabis vient en effet perturber les connexions neuronales qui se font dans le cerveau et notamment les connexions électriques responsables de la mémorisation, qui se situe au niveau de l’hippocampe. En définitive, le THC modifie la façon dont l'hippocampe traite les informations et les met en mémoire. C’est ce qu’ont par exemple montré des études menées sur des souris et rats exposés au THC in utero jusqu’à l'adolescence. Les neuroscientifiques ont observé chez ses animaux des altérations chimiques au niveau des neurones de l’hippocampe associés à des troubles de la mémoire. Chez un consommateur régulier, cela se traduit par une difficulté à se souvenir de choses et de situations, et à trouver ses mots, ce qui peut être un vrai handicap au quotidien. À plus long terme, le risque de développer la maladie d’Alzheimer a lui aussi été identifié.

 

Difficulté de concentration

En plus de la mémoire, les difficultés à se concentrer sont aussi observées chez les consommateurs réguliers.

Comme l’ont montré différents tests effectués en laboratoire, ainsi que différentes expériences, certains consommateurs voient leurs capacités cognitives diminuées. Il leur devient notamment difficile de se concentrer sur des tâches longues, tout comme il leur devient difficile de gérer des informations complexes. Sous l’effet du cannabis, certaines personnes ont par exemple des difficultés à effectuer des calculs mathématiques d’une certaine complexité. La vigilance et les temps de réaction peuvent aussi augmenter considérablement chez l’individu à cause de cette drogue. Elle modifie en effet les fonctions motrices, les perceptions sensorielles et la conscience, ce qui fait que les risques d’accidents de la route sont élevés pour les consommateurs qui prennent le volant.

 

Apparition ou aggravation de troubles psychiques 

Différents troubles psychologiques peuvent se manifester ou être aggravés par la consommation régulière de cannabis.

Parmi ces troubles, nous pouvons citer par exemple, les troubles anxieux de haute intensité, la dépression, les troubles du sommeil. Il est même couramment admis que le cannabis peut augmenter le risque de développement de symptômes psychotiques (hallucinations visuelles et auditives par exemple). Le lien entre le cannabis et l’augmentation de la schizophrénie est également à l’étude bien que celui-ci ne soit pas totalement établi.

La bonne nouvelle est que les troubles psychiques engendrés par le cannabis peuvent être guéris grâce à une thérapie adaptée au patient. À ce propos, la thérapie digitale de La Clinique E-Santé propose un suivi à distance, sans rendez-vous, qui peut être d’une grande aide pour les personnes affectées par ces troubles et qui souhaitent se soigner. La thérapie digitale présente de très nombreux avantages, parmi lesquels, la possibilité d’être accompagné dans ses démarches par un psychologue attitré, sans avoir besoin de faire directement face à lui. Les échanges se font principalement par écrit ou par messages audio et vidéo, permettant ainsi aux personnes qui n’oseraient pas affronter le regard du thérapeute, de pouvoir se livrer de la façon avec laquelle elles se sentent le plus à l’aise. Le suivi se fait via un espace patient accessible depuis l’application mobile ou disponible sur le site internet de la Clinique E-Santé et les psychologues peuvent être contactés par les patients 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Interrogé par Paris Normandie, Alexandre Chombeau, le directeur général de La Clinique E-Santé explique à ce sujet : « Beaucoup de cliniques disent faire de la thérapie en ligne, mais font de la téléconsultation, sans suivi de proximité. Avec La Clinique E-Santé, il y a un gain de temps et d’efficacité qui fait que le patient ressent rapidement l’évolution et abandonne beaucoup moins sa thérapie. De plus, il voit son évolution graphiquement, au travers de protocoles en plusieurs étapes ».  Bien entendu, un traitement n’est efficace que si les patients parviennent à arrêter leur consommation de manière définitive. Les thérapeutes de La Clinique E-Santé sont à leurs côtés pour les aider à y arriver.

 

Conséquences à long terme

Des recherches, menées sur des animaux notamment, associées à de nombreuses autres sur l’impact du cannabis à plus ou moins long terme sur l’Homme ont montré que le THC peut altérer le cerveau de manière durable. Il arrive en effet parfois que des séquelles persistent bien après l’arrêt total de la consommation.

Les effets à long terme vont dépendre de la fréquence, de la durée, de l’intensité de consommation, et surtout de l’âge du consommateur. En effet, comme l’ont montré les scientifiques, plus le cerveau est jeune, plus il est fragile face au cannabis. Répercussions sur les cerveaux en développement

< Le cerveau est un organe en pleine maturation de l’enfance à l’adolescence. Les cerveaux en développement, ceux des bébés, enfants et adolescents, peuvent être gravement affectés par les effets nocifs du cannabis.

En particulier, le THC perturbe la formation des connexions neuronales chez les fœtus, comme l’ont suggéré des études portant sur la consommation de mères pendant leur grossesse, en particulier celles qui fumaient quotidiennement.

De manière générale, les effets semblent plus graves chez ceux qui ont commencé à consommer régulièrement du cannabis en étant jeune et sur une très longue période.
La consommation excessive de certains adolescents pose notamment de graves problèmes. À la puberté, le cerveau subit une forte croissance, en particulier dans les zones où les connexions intercellulaires sont les plus importantes.

Le THC présent dans le cannabis pourrait par exemple contribuer à l’augmentation asymétrique de la taille de l’hippocampe, structure essentielle pour l’apprentissage et la mémoire.
En conséquence, certaines études indiquent que la consommation régulière de cannabis dès l’adolescence (au moins 4 fois par semaine) peut entraîner une perte de quotient intellectuel (QI) de manière permanente à l’âge adulte.

Un déclin important du quotient intellectuel, jusqu'à 8 points, est même régulièrement évoqué. Cette baisse des capacités intellectuelles n’est bien entendu pas sans conséquence sur les résultats scolaires et sur le parcours professionnel de l’individu concerné. Et le problème est d’autant plus grave que cette baisse ne semble pas pouvoir être restaurée à l’âge adulte. A contrario, elle semble pouvoir l’être pour les consommateurs plus tardifs, ceux qui ont commencé à fumer seulement à l’âge adulte. Pour ces derniers, un rétablissement sur le plan cognitif semble possible à la suite d’une période d’abstinence plus ou moins longue.

En l’état actuel des connaissances scientifiques, il n’est donc pas possible de dire que le cannabis est un produit anodin, purement récréatif, qui est sans conséquence pour ceux qui le consomment régulièrement. Sa consommation peut avoir de vrais effets néfastes à plus ou moins longs termes, en particulier chez les personnes les plus jeunes, dont le cerveau est encore en pleine maturation. C’est pourquoi la plupart des chercheurs s’accordent à dire que les jeunes de moins de 21 ans devraient être complètement préservés de cette substance.

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