Printemps de Bourges: retour à la normale mais fréquentation incertaine

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Par Philippe GRELARD - Paris (AFP)
Publié le 16 avril 2022 - 21:28
Mis à jour le 17 avril 2022 - 11:18
Cet article provient directement de l'AFP (Agence France Presse)
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Une spectatrice au Palais d'Auron lors de l'édition 2021 du Printemps de Bourges, le 27 juin 2021
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© GUILLAUME SOUVANT / AFP/Archives
Une spectatrice au Palais d'Auron lors de l'édition 2021 du Printemps de Bourges, le 27 juin 2021
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Ce rendez-vous musical ouvre la saison des festivals: après deux éditions tronquées par la crise sanitaire, le Printemps de Bourges revient dans son format traditionnel, mais sans savoir si le public remplira toutes les salles comme avant.

Il y a d'abord le verre à moitié plein. "C'est une édition normale donc elle sera exceptionnelle", se réjouit ainsi auprès de l'AFP Boris Vedel, directeur de l'évènement prévu de mardi à dimanche.

"On revient avec un positionnement plus fort sur la création et l'émergence", poursuit le responsable. Et d'insister: "On pourra à nouveau traverser une ville en fête". Ces deux dernières années, si des concerts ont eu lieu, en jauge symbolique en 2020 et limitée en 2021, la ville était, comme il le dit, "vide et triste" en raison des contraintes sanitaires face au Covid-19.

Le Printemps, avec près "de 150 artistes" programmés cette année, a la particularité d'attirer les professionnels de la filière musicale. "On va passer la barre des 4.000 pros, c'est un record de fréquentation pro en vue, c'est extra", s'enthousiasme Boris Vedel.

Mais il y aussi des inquiétudes concernant l'affluence du public (200.000 personnes pour la dernière véritable édition en 2019). Le patron du Printemps craint "globalement, 30% de fréquentation en moins, ce qui rend l'équilibre financier fragile mais ne doit pas enlever la joie de se retrouver".

C'est un constat dressé par l'ensemble de la filière musicale: les habitudes de consommation culturelle ont été chamboulées par la crise sanitaire.

- "Pas le réflexe festival" -

"Les gens se sont déshabitués à aller dans les salles, de cinéma, de théâtre, de concert, analyse Boris Vedel. Et dans la population jeune, certains ont appris à faire la fête différemment et n'ont pas le réflexe festival, il y a un travail à faire là-dessus".

Le public achète aussi "des places très tardivement, certains se disent +si j'ai le Covid j'aurais acheté une place pour rien+; il reste des places pour les soirées de vendredi et samedi, tout va se passer dans les derniers jours", ajoute-t-il.

Le boss du Printemps note aussi un frein dans les strates "populaires et familiales" du public avec "un sentiment de perte de pouvoir d'achat, sentiment accentué par la présidentielle".

Pourtant, tout est réuni pour une belle fête avec un cocktail de têtes d'affiche, de jeunes talents et de spectacles hors-cadre créés pour l'occasion.

Parmi les locomotives, on trouve Clara Luciani, Juliette Armanet, Eddy de Pretto, Gaëtan Roussel, Dutronc père et fils pour la première fois en tournée commune, IAM, ou Vianney. Parmi les jeunes pousses, on peut citer Crystal Murray ou encore Kalika.

- Michel Houellebecq et un DJ -

Et puis il y a les surprises. La chanteuse Pomme, accompagnée de la Québécoise Safia Nolin, réinterprétera ainsi le répertoire de Céline Dion tandis que Béatrice Dalle et Jarvis Cocker, entre autres, sont annoncés pour les adieux à la scène de Brigitte Fontaine. Sans oublier l'écrivain Michel Houellebecq, qui déclamera ses poèmes sur la musique du DJ Traumer.

Une première mouture du show Houellebecq (quatre narrateurs, dont lui, sur scène) avait été présentée l'hiver dernier au Rex Club à Paris. Mais le projet "a évolué avec de nouveaux textes et une musique adaptée pour la faire résonner au mieux dans le Palais Jacques Coeur, édifice médiéval qui accueille la représentation à Bourges", expose à l'AFP Victorien Bornéat, créateur et co-metteur en scène du spectacle.

L'auteur des "Particules élémentaires" s'était déjà produit en 2000 à Bourges avec Bertrand Burgalat (artiste et producteur réputé) et ses musiciens. Cette fois, Victorien Bornéat promet une "expérience fascinante, avec des textes sombres, une musique atmosphérique assez planante".

"Beaucoup de gens nous ont dit au Rex Club que c'était assez liturgique, on a essayé d'appuyer encore cette dimension pour la salle des festins du Palais Jacques Coeur et son architecture du 15e siècle", déroule-t-il. "Si le Printemps n'existait pas, il faudrait l'inventer", conclut Boris Vedel.

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